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Bulletin Quotidien Europe N° 12265
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ACTION EXTÉRIEURE / Syrie

Pour Dunja Mijatović, les États membres du Conseil de l’Europe devraient rapatrier d’urgence leurs ressortissants mineurs

La commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe (COE) Dunja Mijatović a appelé, mardi 28 mai, les 47 États membres du COE à rapatrier d’urgence leurs ressortissants mineurs bloqués dans le camp d’Al-Hol (nord de la Syrie). 

Le camp accueille 73 000 anciens membres de l’organisation État islamique, dont plus de 90 % de femmes et d’enfants. 11 000 d’entre eux seraient étrangers, dont 7 000 enfants. 

« J’exhorte les États membres du Conseil de l'Europe à prendre toutes les mesures nécessaires pour rapatrier d’urgence leurs ressortissants mineurs qui vivent dans le camp d’Al-Hol », « terriblement surpeuplé », a-t-elle souligné dans un communiqué. Les États membres sont divisés sur le rapatriement de leurs ressortissants. 

« L’une des obligations premières des États membres du Conseil de l'Europe est de prendre toutes les mesures possibles pour que les enfants touchés par un conflit armé bénéficient d'une protection et de soins », a rappelé la commissaire aux Droits de l'homme, estimant que ces enfants devaient être « traités avant tout comme des victimes ». Elle a aussi demandé qu’il leur soit apporté, au besoin, une aide sur le plan médical, psychologique et social, à leur retour dans leur pays. 

Selon la commissaire, les États membres devraient aussi envisager de rapatrier « les mères de ces enfants, en vertu du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, consacré par la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant ». « Cela n’empêche pas les États de déférer ces femmes à la justice, s’il y a lieu, conformément à leur législation et aux normes internationales et européennes applicables », a-t-elle rappelé. 

Mme Mijatović a déploré les conditions de vie « sordides et dangereuses » dans le camp, ajoutant que les soins médicaux étaient pratiquement inexistants. 

« Avec la hausse des températures, il est probable que les conditions de vie se dégradent encore », a-t-elle prévenu, ajoutant que « cette situation déplorable mettait les enfants en danger de mort ».

Selon le COE, en un mois, 249 personnes sont décédées – soit le double du mois précédent (120, dont 80 % d’enfants de moins de 5 ans) –, la plupart des décès étant dus à la malnutrition, à des plaies infectées, à des brûlures graves ou à des diarrhées aiguës. (Camille-Cerise Gessant)

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