Cinq ans jour pour jour après l’annexion illégale de la Crimée, l'Union européenne a rappelé sa condamnation de cette annexion et sa non-reconnaissance, dans une déclaration publiée le 17 mars au nom des vingt-huit États membres.
La longue déclaration rappelle la position des Vingt-huit, notamment leur ferme attachement à la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine et leur détermination à mettre intégralement en œuvre leur politique de non-reconnaissance, y compris au moyen de mesures restrictives.
La déclaration insiste sur l’« inquiétant regain des tensions dans le détroit de Kertch et en mer d'Azov », dont l’origine est à rechercher dans « les violations du droit international par la Russie ». « Le recours injustifié à la force par la Russie contre l'Ukraine le 25 novembre 2018 nous rappelle les effets néfastes de l'annexion illégale de la péninsule de Crimée sur la stabilité de la région », s’inquiètent les Vingt-huit, qui appellent une nouvelle fois Moscou à libérer sans condition et sans plus attendre les membres d'équipage, les navires et l'équipement ukrainiens saisis illégalement. Dans l'attente de cette libération, la Russie devrait respecter les droits de l'équipage à une représentation juridique et à un accès aux autorités consulaires et apporter aux membres d'équipage blessés les traitements médicaux appropriés, ajoute la déclaration. Condamnant une nouvelle fois la construction du pont du détroit de Kertch, qui relie la Crimée à la Russie, sans le consentement de l'Ukraine, l’UE attend de la Russie qu'elle assure le passage libre et sans entrave, dans les deux sens, de tous les bateaux dans le détroit de Kertch, conformément au droit international. « Les restrictions illégales à ce passage ont des conséquences économiques néfastes pour les ports ukrainiens en mer d'Azov et pour l'ensemble de la région », dénoncent les Vingt-huit.
Les États membres s’inquiètent aussi du fait que la militarisation « croissante » de la péninsule continue d'avoir des répercussions négatives sur la situation en matière de sécurité dans la région de la mer Noire. Ils condamnent en outre la situation en matière de droits de l'homme, notamment des Tatars, qui s'est « profondément dégradée en Crimée », dénonçant les « restrictions systématiques des libertés fondamentales, telles que la liberté d'expression, de religion ou de conviction et d'association, ainsi que du droit de réunion pacifique ». (Camille-Cerise Gessant)