Les députés européens réclament une stratégie de l'Union européenne en matière de données, d’accès aux données et de cybersécurité eu égard à la mobilité autonome.
C'est le sens de la résolution d'initiative sur les véhicules sans chauffeur qu'ils ont adoptée le 15 janvier. La veille, la commission de l'industrie du PE avait adopté un projet de résolution sur l'intelligence artificielle (IA) et la robotique.
L'intelligence artificielle, et en particulier la voiture sans chauffeur, se développe très rapidement. Prenant la mesure des enjeux, la Commission européenne a adopté, en avril 2018, un plan d’action identifiant les principaux chantiers à mener en matière d’intelligence artificielle (EUROPE 12009). Ce plan d'action a été suivi, en décembre 2018, d'un plan coordonné avec les États membres pour développer une intelligence artificielle ‘made in Europe’ (EUROPE 12155).
Mais les députés veulent aller plus vite encore. La résolution sur les véhicules autonomes dans les transports européens, préparée par Wim van de Camp (PPE, néerlandais), met l’accent sur le potentiel d’innovation de tous les moyens autonomes de transport routier, ferroviaire, par voie d’eau et aérien.
Le texte demande toutefois un « régime clair régissant la responsabilité » en matière d'interactions entre véhicules, infrastructures et usagers de la route (EUROPE 12168). Sur la question des données, le texte final reprend l'amendement, déposé en commission parlementaire par les groupes politiques situés à droite sur l'échiquier politique, qui plaide pour une « stratégie » sur les données. À gauche, les groupes prônaient plutôt des actions législatives (EUROPE 12143).
Le projet de rapport non législatif, adopté le 14 janvier par la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie (ITRE), reconnaît un grand potentiel pour l'IA et la robotique dans les secteurs de la fabrication, de la santé, de l'énergie et des transports.
Les députés recommandent d'encourager les investissements et de développer des programmes de formation adaptés, tout en assurant le respect d'un cadre éthique (y compris la nécessité d'explication). Ils appellent donc à des règles permettant d'accroître la responsabilité et la transparence des systèmes de prise de décision algorithmiques à la base de l'IA.
Ce texte sera soumis à la session plénière du PE de février. (Sophie Petitjean)