Un rapport publié jeudi 4 octobre par l’ONG Our Fish tend à confirmer le taux très élevé de rejet de cabillaud lors des opérations de pêche dans les eaux de la Baltique, alors que la technique du rejet par-dessus bord est interdite depuis trois ans dans cette zone (obligation de débarquement).
Des indicateurs indépendants suggèrent ainsi que 10,1 millions de cabillauds de la Baltique occidentale et orientale ont été rejetés illégalement sans être comptabilisés dans les captures en 2017. Pour le cabillaud de la Baltique orientale en 2017, les scientifiques estiment que seulement 1/17 de toutes les captures non désirées ont été débarquées et enregistrées. Ce rapport vise à sensibiliser les ministres de la Pêche des pays de l’UE qui se réunissent le 15 octobre pour fixer les totaux admissibles de captures (TAC) et quotas 2019 en Baltique. Les ministres sont appelés à « empêcher le déclin supplémentaire de ces stocks de poisson épuisés en raison de la surpêche et des rejets illégaux en mer », écrit Our Fish.
En 1984, les pêcheurs avaient débarqué plus de 440 000 tonnes de cabillaud en Baltique orientale. Aujourd’hui, les captures autorisées sont de moins de 40 000 tonnes par an. En outre, les poissons de plus de 45 centimètres ont pratiquement disparu.
Il y a neuf ans, le stock de cabillaud de la Baltique occidentale était également au bord de l'effondrement et, même s'il a commencé à se reconstituer, il est toujours considéré comme très fragile en raison d'un recrutement médiocre, explique Our Fish. Rebecca Hubbard, directrice au sein de Our Fish, appelle les ministres de la Pêche de l'UE à « corriger » la proposition de la Commission pour fonder les décisions sur les avis scientifiques.
Dans sa proposition, la Commission propose pour 2019 une hausse de 31 % du TAC de cabillaud en Baltique occidentale (EUROPE 12086). Pour le cabillaud de la Baltique orientale, il est proposé une baisse de 15 % des prises, à 24 112 tonnes (dont Pologne : 6 378 tonnes, Suède : 5 612 tonnes). (Lionel Changeur)