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Bulletin Quotidien Europe N° 12110
INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

L'Irlande et l'UE réitèrent leur unité de vue alors que les négociations menant au Brexit entrent dans la dernière ligne droite

Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a rencontré, jeudi 4 octobre à Bruxelles, le président du Conseil européen, Donald Tusk, ainsi que le négociateur en chef de la Commission sur les négociations du Brexit, Michel Barnier, et le coordinateur du Brexit au Parlement européen, Guy Verhofstadt, alors que les Vingt-sept donnent encore deux semaines à la dirigeante britannique pour faire « un maximum de progrès », comme l’a signalé M. Tusk à l’issue de sa rencontre avec le dirigeant irlandais. 

Le Taoiseach a estimé que les négociations rentraient à l’évidence dans une phase critique et, peut-être, la dernière phase et il a espéré qu'un accord pourra être atteint d'ici à novembre. Le dirigeant a rappelé que Dublin avait quatre objectifs dans cette négociation : protéger la zone commune de voyage (sorte de mini-Schengen sur l’île d’Irlande), faire en sorte qu’aucune frontière physique n’émerge, s’assurer que les droits des citoyens irlandais sont respectés (citoyens qui peuvent à la fois choisir d’être Britanniques ou Irlandais et Européens) et, enfin, faire en sorte d’avoir avec le Royaume-Uni une relation commerciale qui soit la plus étroite possible. 

Le dirigeant irlandais a aussi estimé qu’il était « temps de se remettre au travail », « je suis d’accord ». Un peu plus tôt, c’est le président du Conseil européen qui avait en effet demandé à Theresa May de se « remettre au travail » après l’épisode du congrès des conservateurs, qui s’est achevé le 3 octobre.

Donald Tusk est revenu sur le sommet informel de Salzbourg, lors duquel, selon Mme May, les Vingt-sept avaient manqué de respect à son pays (EUROPE 12100). Il a affirmé que les Vingt-sept avaient toujours traité le Royaume-Uni avec respect et en a demandé en échange de la part de Londres. Une preuve de ce respect des Vingt-sept est notamment l’offre solide et toujours sur la table d’un accord de libre-échange qu’il a nommé « Canada +++ », un type d’accord qui va plus loin dans la relation commerciale, la coopération sur la sécurité intérieure ou sur la politique étrangère. 

Le président du Conseil européen a donc demandé aussi en retour que les dirigeants britanniques n’assimilent pas l’UE à l’Union soviétique, comme l’a fait le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, dimanche. 

Après « ma longue discussion avec mon invité, je veux dire que l’UE est unie derrière l’Irlande et le besoin de protéger le processus de paix », a commenté Donald Tusk. Et malgré le rejet du « filet de sécurité » initialement proposé par l’UE, cette dernière n’arrêtera pas de chercher une solution viable qui préserve à la fois l’accord du Vendredi saint et l’intégrité du marché unique et de l’Union douanière, a ajouté M. Tusk. 

En théorie, Theresa May doit prochainement présenter de nouvelles propositions pour ce filet de sécurité, aucun document écrit n’ayant encore été adressé. Toutefois, selon Reuters, citant une source haut placée, les premiers contacts suggèreraient des améliorations du côté britannique. 

Les représentants des Vingt-sept se réuniront encore ce vendredi sur la future relation. Le 10 octobre, la Commission pourrait aussi publier une nouvelle communication en vue du sommet. 

Le PE, de son côté, a estimé, dans un communiqué du groupe de pilotage sur le Brexit publié le 4 octobre, que « maintenant que la conférence est terminée, il est impératif, étant donné les délais très courts, que les négociations s’intensifient afin de finaliser l’accord de retrait », avec un 'filet de sécurité' juridiquement contraignant, pratique et opérationnel pour l'Irlande. Sans cela, le PE ne serait pas en position de donner son consentement. (Solenn Paulic)

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