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Bulletin Quotidien Europe N° 11999
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ACTION EXTÉRIEURE / Venezuela

M. Arreaza Montserrat critique le refus de l'UE d'observer les élections présidentielles de mai

Le ministre des Affaires étrangères vénézuélien, Jorge Arreaza Montserrat, a fait part de sa déception, mercredi 11 avril à Bruxelles, concernant le refus de l'Union européenne d'envoyer une mission d'observation électorale lors des élections présidentielles qui auront lieu dans son pays dimanche 20 mai. 

« Je ne comprends pas pourquoi ils ne vont pas envoyer une mission d'observation électorale » alors que les Européens l'ont fait lors d'élections « au Honduras », a déclaré M. Arreaza Montserrat, à l'issue de sa rencontre avec la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. Il a rejeté en bloc les accusations, dérivant de « la guerre médiatique », auxquelles son pays fait face et selon lesquelles le régime Maduro n'est pas en mesure de garantir l'organisation d'élections répondant aux normes démocratiques internationales. Et d'enfoncer le clou : « C'est une persécution dans tous les fora : diplomatique, politique, bancaire. » 

La perspective que l'UE ne reconnaisse pas le résultat des élections présidentielles n'effraie pas le ministre dans la mesure où « seuls le peuple vénézuélien et le Conseil national électoral » (CNE) sont habilités à le faire. Confiant dans la capacité de M. Maduro à être réélu fin mai, il n'a pas explicitement dit que celui-ci quitterait le pouvoir en cas de défaite. Mais il a concédé que, dans une telle hypothèse, la Révolution bolivarienne se poursuivrait « à partir de l'opposition ». 

À l'issue de son entretien avec le ministre, Mme Mogherini a réitéré la demande de l'UE en faveur d'élections qui garantissent « la participation de tous les partis politiques sans obstacle, dans des conditions équitables et en conformité avec la Constitution vénézuélienne et les normes internationales ». 

M. Arreaza Montserrat a également dénoncé les sanctions que l'UE a imposées à l'encontre de son pays (embargo sur les armes et sanctions financières à l'encontre de sept responsables vénézuéliens) (EUROPE 11903, 11944). « Il ne s'agit pas d'une affaire juridique, mais d'une question politique », a-t-il estimé. Il a pris l'exemple de la présidente du CNE, Tibisay Lucena Ramírez, sanctionnée pour avoir organisé des élections. 

Recours devant le TUE. Fin mars, le Venezuela a porté plainte devant le Tribunal de l'UE contre le cadre de sanctions européennes adoptées en novembre 2017 (affaire T-65/18). Cette question était inscrite, mercredi, à l'ordre du jour de la réunion des ambassadeurs nationaux auprès de l'UE (Coreper). 

M. Arreaza Montserrat a également critiqué l'aide financière de « deux millions de dollars » que l'UE a octroyée à la Colombie pour faciliter l'accueil des Vénézuéliens fuyant la crise humanitaire. Selon lui, 5 millions de Colombiens sont accueillis au Venezuela et 10 000 d'entre eux viennent d'être régularisés. 

« Notre pays n'a jamais demandé d'aide » à qui que ce soit, a-t-il souligné. Et de considérer que l'Europe ferait mieux, pour aider le peuple vénézuélien, de débloquer « les 1 200 millions de dollars » résultant de transactions pétrolières que la chambre de compensation Euroclear détient à Bruxelles en raison des sanctions financières américaines. (Mathieu Bion)

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