Les conséquences du vote référendaire en faveur du ‘Brexit’ mettent sous tension l’économie écossaise, qui souffre d’un manque de main-d’œuvre, a déclaré Mairi Angela Gougeon, députée (Parti national écossais – SNP) au Parlement écossais, lors d’une conférence au Comité des régions, mardi 10 avril dans la soirée.
Pour la députée, le ‘Brexit’ fait en effet peser une lourde menace sur l’économie écossaise, étant donné que la population écossaise est en déclin, a-t-elle fait savoir. Jusqu’alors, la migration en provenance des autres États membres de l’UE avait contrebalancé cette tendance.
Mais depuis le vote référendaire en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union, la migration commence à se tarir, notamment dans le secteur agricole. Dans certaines fermes, la baisse du nombre de travailleurs saisonniers a été d’environ 20 % en une année. En tout, compenser le manque de main-d’œuvre devrait coûter à l’Écosse environ 10 milliards de livres d’ici 2040, a-t-elle indiqué. Problème : l’Écosse n’a pas la main sur les décisions migratoires du Royaume-Uni.
Autre grande source de frustration pour la députée : le manque de coopération du gouvernement britannique avec les Parlements régionaux auxquels les négociations sur le ‘Brexit’ échappent complètement. Mme Gougeon a expliqué que le Comité ministériel conjoint ('Joint Ministerial Committee'), chargé de consulter et d’analyser les négociations sur le 'Brexit' avec les parlements régionaux, n’est pas la hauteur des attentes. Le Conseil n’a tenu que de rares réunions l’année précédente et l’Irlande du Nord ne serait pas comptée parmi les membres, a-t-elle déploré.
Par ailleurs, la députée a mentionné le manque de transparence du gouvernement britannique qui aurait caché aux parlementaires écossais une étude d’impact sectoriel du 'Brexit', afin de préserver les intérêts économiques et commerciaux du royaume.
Mme Gougeon, dont le parti est le premier par ordre de grandeur au Parlement écossais, a rappelé que l’Écosse a voté majoritairement pour le maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union. Maintenant, l’objectif de l’Écosse est de rester dans le marché unique, dans l’union douanière et, surtout, de préserver la libre circulation des personnes, a-t-elle expliqué.
Le Comité des régions a récemment publié une analyse sur les conséquences de la sortie du Royaume-Uni au niveau régional de part et d’autre de la Manche (EUROPE 11985, 11928). (Pascal Hansens)