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Bulletin Quotidien Europe N° 11907
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Le financement de l'action climatique des pays pauvres a dominé la fin des négociations à la COP 23

Les trajectoires de réduction d’émission des pays parties à l’Accord de Paris ne sont pas suffisantes pour atteindre les objectifs de cet accord universel – qu’il s’agisse de l’objectif de 2 degrés Celsius, et a fortiori celui de 1,5 degré comme plafond pour la hausse moyenne des températures à l’horizon 2100.

Les participants à la COP 23, qui devait s'achever vendredi soir à Bonn, en sont conscients pour avoir commencé à détailler les contributions respectives sur la table, dont la trajectoire conduit à plus de 3 degrés Celsius. Ils savent aussi que l'augmentation des émissions de CO2 constatée en 2016 par les scientifiques se poursuivra. Mais ils ont au moins posé des jalons pour préciser les modalités de mise en œuvre de l’Accord de Paris et sont convenus que le programme de travail de Paris sera finalisé en 2018. C'est l'une des avancées de cette COP, la première depuis l'annonce du retrait américain de cet accord universel sur le climat.

L’année 2018 sera celle du dialogue facilitateur – le « dialogue de Talanoa » devant conduire à la révision à la hausse des contributions nationales déterminées en 2020, sachant qu’un premier bilan d’étape mondial des progrès dans la mise en œuvre des contributions est prévu en 2023 au titre de l’accord de Paris.

Mais à l’heure où nous mettions sous presse, les négociations se poursuivaient sur ce dialogue de facilitation et sur le financement de l'action climatique en faveur des pays en développement. L'argent étant particulièrement décisif pour appuyer leurs efforts d'atténuation et d'adaptation, les petits États insulaires et africains comptaient bien que les promesses des pays industrialisés soient tenues (voir autre nouvelle).

Aux termes de l’accord de Paris ce dialogue facilitateur doit non seulement permettre d’évaluer les progrès accomplis, mais aussi recenser les moyens d’accroître les ressources financières fournies, y compris pour la mise au point et le transfert de technologies et le renforcement des capacités. Cela, afin de recenser les moyens de relever le niveau d’ambition des efforts d’atténuation de toutes les parties.

« Nous avons obtenu que l’accord de Paris soit rendu opérationnel, de dire où sont les responsabilités et de garantir que les données sur les efforts respectifs soient comparables pour la transparence. Nous avons structuré le dialogue qui sera institutionnalisé et conduit conjointement par la présidence de Fidji et de la Pologne. Les documents seront approuvés à Katowice » à la COP 24, s'était réjouie vendredi après-midi la ministre fédérale allemande de l'Environnement, Barbara Hendricks. 

De fait, ce dialogue sera structuré en une phase préparatoire et une phase politique, mais les pays en développement ont montré qu'ils avaient à cœur que les informations à fournir dans ce cadre sont suffisamment concrètes, s'agissant de la mise en œuvre des contributions nationales et déterminées.

À la presse, qui lui demandait si à la COP 24 l'Allemagne serait toujours un pays du charbon et du lignite, Mme Hendricks a répondu : « je suis certaine que le nouveau gouvernement dira comment l’Allemagne doit sortir de la combustion de combustibles fossiles. Ça fait partie de notre plan 2050. Je n’attends pas que cela soit réalisé en 2030, mais qu’on ait en vue cette sortie ». 

« La COP 24 sera le moment de vérité où chacun devra remettre sur la table [de l'ambition], sans attendre le calendrier fixé dans l’Accord de Paris, pour aller plus haut dans les ambitions et les objectifs de chacun », avait résumé le ministre français de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à la veille de la clôture. Pour le renforcement de l'action pré-2020 les parties sont convenues de faire le point sur les progrès à la COP 24 de Katowice, en Pologne, en 2018, et à la COP 25. 

Le lancement de la plate-forme des communautés locales et des peuples autochtones et un plan d'action fondé sur le genre sont deux innovations à porter au bilan de la COP 23.

Des progrès sur la structure du dialogue facilitateur de 2018, l’adoption d’un premier plan d’action fondé sur le genre, l’opérationnalisation de la plate-forme des communautés locales et des peuples autochtones, la montée en puissance et l’accélération de l’action climatique du secteur privé et des acteurs non étatiques étaient les priorités conjointes de l’UE et du groupe des 79 pays ACP (Afrique/Caraïbes/Pacifique). L'issue des négociations permettra de dire s'ils sont satisfaits. (Aminata Niang)

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