L’Union européenne a critiqué, jeudi 16 novembre dans la soirée, la décision de la Cour suprême cambodgienne de dissoudre le principal parti d’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), et d’interdire plus d’une centaine de ses membres de vie politique pendant cinq ans.
Depuis les élections de 2017, une série de mesures avait été prise par les autorités contre ce parti.
« La décision de dissoudre le CNRP est un pas de côté important par rapport à la voie du pluralisme et de la démocratie inscrite dans la constitution cambodgienne et soutenue depuis plus de deux décennies par les partenaires internationaux du Cambodge », a estimé la porte-parole dans un communiqué.
Celle-ci a appelé à la restauration rapide d’une situation dans laquelle « toutes les parties, y compris le CNRP, leurs dirigeants et leurs sympathisants peuvent exercer librement leurs fonctions légitimes ». « Un processus électoral dont le principal parti d'opposition a été arbitrairement exclu n'est pas légitime », a-t-elle estimé, alors que des élections générales sont prévues en juillet 2018. La porte-parole a rappelé que l’UE avait, à plusieurs reprises, transmis ces messages aux autorités cambodgiennes, y compris à la suite de la décision de justice de dissolution du parti.
« Le respect des droits de l'homme fondamentaux est une condition préalable pour que le Cambodge puisse continuer à bénéficier du programme préférentiel de l'UE intitulé ‘Tout sauf les armes’ », a prévenu la porte-parole. Ce programme élimine les contingents et les droits de douane pour tous les produits, excepté les armes.
Selon la porte-parole du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), la dissolution forcée du CNRP a pour effet de priver de leurs droits tous ceux qui ont soutenu le parti lors des élections de 2013 et 2017. Le parti a remporté 44,5% des voix lors des élections législatives de 2013 et 43,8% lors des élections locales de 2017.
La porte-parole a rappelé que l’UE avait été « heureuse » de soutenir le processus électoral qui avait abouti aux élections locales du Cambodge le 4 juin 2017, « largement reconnues comme ayant été gérées professionnellement par la Commission électorale nationale et ayant atteint des normes élevées de transparence et de crédibilité ». La situation s’est dégradée depuis lors. (Camille-Cerise Gessant)