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Bulletin Quotidien Europe N° 11897
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

COP 23, les ONG attendent de l'UE qu'elle donne l'exemple par l'action pour traduire l'Accord de Paris

En amont de la 23ème conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 23) qui s’ouvre lundi 6 novembre à Bonn sous la présidence de Fidji, un petit État insulaire particulièrement vulnérable aux dérèglements climatiques, les attentes des ONG et des pays les moins avancés sont grandes, en particulier à l’égard de l’UE, qui s’affiche comme chef de file des efforts mondiaux, depuis la défection de l’administration Trump.

Sachant que les experts du monde entier vont s’atteler la semaine prochaine à détailler les règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris avant que les ministres ne prennent la relève la semaine suivante, l’ONG Friends of the Earth Europe (FoE) demande que l’UE tourne le dos aux énergies fossiles pour traduire ses engagements en action.

« Les dirigeants européens ont tous réitéré leur engagement envers l’Accord de Paris après l’annonce par M. Trump du retrait des États-Unis, mais leur déclaration sont vides, faute d’actions pour transformer nos économies en les libérant des combustibles fossiles. Les objectifs climatiques actuels de l’UE et ses investissements dans de nouvelles infrastructures fossiles sont incompatibles avec les objectifs de limitation du réchauffement mondial agréés au niveau international », a déclaré Jagoda Munic, directeur de FOE vendredi.

Financement de l’action climatique et dialogue facilitateur 2018 en ligne de mire

Interrogée par la presse sur les attentes de l’UE pour cette COP, Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole du commissaire européen à l’Action pour le climat et l’Énergie, Miguel Arias Cañete, a réitéré la position de l’UE : « Nous attendons des progrès tangibles sur le programme de travail de Paris sur lequel nous devrons nous mettre d’accord à la COP 24 en Pologne, en particulier des progrès tangibles sur le dialogue facilitateur de 2018 qui offrira la première occasion de voir ce qu’il reste à faire ». Et d’ajouter : « C’est une COP technique. 196 parties seront représentées. Pour nous, UE, ce qui nous importe c’est d’avoir quelque chose d’assez clair sur la façon dont chacun apporte sa contribution à la mise en œuvre de l’Accord de Paris ».

L’UE est fière de pouvoir annoncer qu’elle a mobilisé l’an dernier 20,2 milliards de dollars US pour l’atténuation et l’adaptation des pays en développement (EUROPE 11885).

Obtenir des progrès tangibles, c’est en effet le mandat qu’a confié le Conseil de l’UE à M. Cañete et à Siim Kiisler, président en exercice du Conseil 'Environnement', qui négocieront au nom de l’UE (EUROPE 11883), comme ils l’ont fait à la conférence ministérielle pré-COP 23 à Fidji le 17 octobre dernier.

Que soit clarifiée à la COP 23 la structure du dialogue facilitateur de 2018 figure également parmi les priorités du Parlement européen, lequel demande en outre à l’UE de revoir ses objectifs climatiques à la hausse et de se doter d’une stratégie pour l’horizon 2050 (EUROPE 11876). Celui-ci dépêchera à Bonn une délégation conduite par la Roumaine Adina-Ioana Vălean (PPE) pour le segment ministériel de la COP (13-17 novembre).

Une note de l'UNFCCC, préparée par les présidences de la COP 22 (Maroc) et de la COP 23, énonce à grands traits les caractéristiques du dialogue facilitateur rebaptisé le dialogue de Talanoa, du nom d’une approche traditionnelle utilisée à Fidji et dans le Pacifique pour engager un dialogue inclusif, participatif et transparent. Celui-ci devra être structuré autour de trois grandes questions : où en sommes-nous, où voulons-nous aller et comment y parviendrons-nous ? Ce dialogue comprendra une phase préparatoire qui débutera à la COP 23, et une phase politique qui s'achèvera au début de la COP 24 en Pologne en décembre 2018.

Considérant la COP 23 comme « vitale », les pays les moins avancés (PMA), pour leur part, sont déterminés à « pousser pour des règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris qui puissent servir de catalyseur à un niveau d’ambition plus élevé pour corriger la trajectoire actuelle » qui conduirait à un réchauffement moyen de plus de 3 degrés Celsius et « mettre le monde sur la voie d’un réchauffement moyen inférieur à 1,5 degré Celsius », a indiqué Gebru Jember Endalew, président du groupe des PMA, jeudi 2 novembre. (Aminata Niang)

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