La Commission européenne est d'avis que le mécanisme temporaire et obligatoire, qui a permis de relocaliser plus de 29 000 demandeurs d'asile depuis la Grèce et l'Italie depuis septembre 2015, est un succès.
« C'est un succès dans la mesure des difficultés » rencontrées, a déclaré lundi 25 septembre, son porte-parole Margaritis Schinas, à la veille de l'expiration dudit mécanisme. En réponse à la crise migratoire de 2015, le Conseil de l'UE avait adopté une décision (2015/1601) provisoire prévoyant la relocalisation, à partir de la Grèce et de l'Italie, de 120 000 demandeurs d'asile entre le 25 septembre 2015 et le 26 septembre 2017 (EUROPE 11394).
Sur un contingent de 120 000 personnes estimées au départ, plus de 29 000 ont été à ce jour relocalisées. D'après la Commission, le chiffre cible maximal a été revu à la baisse, à hauteur de 98 000 demandeurs d'asile, dans la mesure où les arrivées en Grèce ont beaucoup baissé depuis l'entrée en vigueur du mécanisme et où de nombreux migrants arrivant en Italie ne peuvent pas prétendre à une protection internationale. L'institution européenne estime qu'environ 10 000 demandeurs d'asile présents en Grèce et en Italie, ou y arrivant jusqu'au mardi 26 septembre, pourront prétendre à être relocalisés dans l'UE même après cette date.
Se basant sur des statistiques d'Eurostat, la Commission a revu tous les trois mois la liste des nationalités de demandeurs d'asile éligibles au mécanisme de relocalisation. Étaient éligibles, les ressortissants d'un pays dont les demandes d'asile étaient acceptées à plus de 75% par les États membres.
Contesté par la Hongrie et la Slovaquie, soutenues par la Pologne, le mécanisme de relocalisation temporaire de demandeurs d'asile a finalement été validé début septembre par la Cour de justice de l'UE (EUROPE 11856). Des procédures d'infraction spécifiques sont toujours ouvertes à l'encontre de la Hongrie, la Pologne et la République tchèque (EUROPE 11837).
La Commission présentera, mercredi 27 septembre, des propositions visant à créer de nouvelles voies légales de migration en parallèle d'un renforcement de la politique des retours de migrants ne pouvant pas prétendre au statut de réfugiés.
Le son de cloche est tout autre chez Amnesty International. L'organisation a en effet critiqué les États membres, lundi, pour n'avoir respecté, au final, qu'« un tiers » de leurs promesses de relocalisation, « abandonnant » des milliers de migrants en Italie et en Grèce. Elle a enjoint aux États membres d'être à la hauteur de leurs engagements, notamment par l'octroi de visas de travail ou de mesures de regroupement familial. Faute de quoi, ils s'exposent au risque d'être traînés devant la Cour de justice, prévient l'organisation.
Dans un communiqué, Amnesty International fournit les statistiques suivantes : - la Hongrie et la Pologne n'ont relocalisé aucun demandeur d'asile ; - la République tchèque et la Slovaquie ont accueilli respectivement 12 et 16 demandeurs d'asile ; - L'Espagne s'est acquittée de 13,7% de ses engagements, la Belgique de 25,6%, les Pays-Bas de 39,6% et le Portugal de 49%. Parmi les bons élèves, l'organisation cite Malte, qui a respecté tous ses engagements, la Finlande (94% des engagements soit 1951 demandeurs d'asile), l'Irlande (76,5% des engagements soit 459 personnes), tandis que la Norvège et le Liechtenstein ont volontairement accueilli 1500 et 10 demandeurs d'asile. (Mathieu Bion)