À quelques jours seulement du discours de Jean-Claude Juncker sur l’état de l’Union (voir autre nouvelle), l’organisation qui représente les grandes entreprises européennes, BusinessEurope, a présenté, vendredi 8 septembre, son scénario pour l’avenir de l’UE.
Saluant l’approche adoptée par la Commission européenne pour structurer le débat sur le futur de l’Union en proposant cinq scénarios (EUROPE 11736), l’organisation n’a toutefois pas souhaité prendre parti pour une seule de ces options. Elle a, au contraire, estimé que le scénario idéal, du point de vue des entreprises européennes, combinerait certains éléments de deux scénarios : ‘faire moins, mais de manière plus efficace’ et ‘faire beaucoup plus ensemble’.
Pourraient également venir s’ajouter certains aspects du scénario ‘ceux qui veulent plus font plus’, mais sous la forme d’instruments utilisés à titre exceptionnel et non comme un objectif à poursuivre, a précisé la présidente de l'organisation, Emma Marcegaglia, soulignant la nécessité de préserver la cohérence du processus d’intégration européenne.
Selon BusinessEurope, les scénarios plaidant pour le statu quo et pour un marché unique et rien d’autre, sont en revanche à proscrire, en ce qu’ils constitueraient un « retour en arrière » et ne seraient pas en mesure de gérer les défis à venir.
Dans son scénario qu’elle qualifie d’« ambitieux », BusinessEurope ne prévoit pas de modification des traités, mais une amélioration des règles en place et appelle notamment à : - une plus grande convergence au sein de l’Union économique et monétaire ; – une attitude ouverte en matière de commerce ; - promouvoir des investissements publics et privés de qualité ; - et renouveler la stratégie européenne industrielle, ce qu’elle avait déjà appelé de ses vœux en juin dernier (EUROPE 11820).
Moins axée sur la dimension sociale, la marche à suivre qu’elle préconise propose de se concentrer sur la compétitivité plutôt que de créer des directives sociales supplémentaires. « Nous ne pensons pas que le fait d’avoir plus de directives sociales créera plus d’emplois, alors que la compétitivité oui », a expliqué la présidente, ajoutant qu’il est, selon elle, risqué de rouvir la « boite de Pandore » sur la révision de la directive ‘travailleurs détachés’.
Enfin, et puisque le futur de l’UE doit dorénavant se concevoir à Vingt-sept, cette présentation fut également l’occasion pour l’organisation de rappeler sa position sur le Brexit. L’UE doit garder des liens étroits avec le Royaume-Uni, mais cette nouvelle relation ne doit pas se faire par une « étrange construction » au détriment du marché unique et des quatre libertés fondamentales, a indiqué la présidente. BusinessEurope préconise par ailleurs une période de transition, idéalement de deux ou trois ans, où le Royaume-Uni resterait dans le marché unique et l’union douanière.
Les propositions de BusinessEurope sont disponibles à l’adresse : http://bit.ly/2eJIv5b (Marion Fontana)