Près de neuf entreprises européennes sur dix (88%) qui opèrent en Asie du Sud-Est estiment que l'UE devrait conclure un accord de libre-échange de région à région avec les pays du bloc ASEAN (Brunei, Birmanie/Myanmar, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) - une part en nette hausse par rapport aux 66% recensés en 2016 - et plus de la moitié (55%) estiment qu'elles sont désavantagées dans la région sans un tel accord, selon un rapport publié mardi 5 septembre par le Conseil des affaires UE/ASEAN.
Si elles conservent des perspectives très positives en Asie du Sud-Est (s'attendant pour 75% d'entre elles à voir leurs gains dans la région augmenter en 2017) et sont confiantes quant au potentiel de la région (71% estiment que la région est devenue plus importante en termes de chiffre d'affaires mondial depuis 2015), les 300 entreprises interrogées soulignent toutefois que des défis empêchant la zone d'atteindre son potentiel maximal restent à relever, en particulier les barrières non tarifaires qui entravent l'efficacité de la chaîne d'approvisionnement, pointées du doigt par 61% d'entre elles.
En attendant, 94% des entreprises européennes opérant en ASEAN prévoient d'accroître ou de maintenir leurs niveaux actuels d'activité et d'effectifs dans la région, et 86% s'attendent à ce que leur niveau d'investissement dans la région augmente au cours des cinq prochaines années.
Le rapport révèle aussi que 71% des entreprises interrogées jugent la poursuite de l'intégration économique de la zone ASEAN importante pour leur réussite commerciale dans la région.
Enfin, seulement 12% des entreprises interrogées considèrent que la sortie du Royaume-Uni de l'UE (Brexit) aura une grande incidence sur leurs plans de commerce et d'investissement dans la région.
Sur la base de cette enquête, le Conseil des affaires UE/ASEAN plaide pour l'accélération des négociations d'accords de libre-échange entre l'UE et les pays ASEAN, pour la reprise de négociations pour un accord de libre-échange birégional UE/ASEAN et pour des interactions plus fréquentes et plus régulières entre les gouvernements de l'UE, ceux de l'ASEAN et le secteur privé.
Lancées en 2007, les négociations pour un accord de libre-échange birégional UE/ASEAN ont été interrompues en 2009 pour des raisons politiques (EUROPE 11741).
Depuis, l'UE a conclu des accords de libre-échange individuels avec Singapour (en 2012) et le Vietnam (en 2015) et des négociations pour des accords similaires sont en cours avec la Malaisie, la Thaïlande, l'Indonésie et les Philippines (quoiqu’en pause pour les deux premières). En outre, des pourparlers sont en cours avec la Birmanie pour un accord sur la protection des investissements.
Selon les chiffres de la Commission européenne, l'ASEAN est le deuxième partenaire commercial de l'UE après la Chine, avec un volume d'échanges bilatéraux de biens et services atteignant plus de 246 milliards d'euros en 2016 (les échanges de marchandises ayant atteint 213,8 milliards d'euros, dont 85,8 milliards d'euros d'exportations pour l'UE).
L'UE est de loin le principal investisseur dans les pays ASEAN, représentant 22% du total des entrées d'investissements directs étrangers dans la région. Les entreprises de l'UE ont investi en moyenne 19 milliards d'euros par an dans la région entre 2012 et 2014). (Emmanuel Hagry)