Après les élections législatives allemandes, la France présentera à ses partenaires européens des initiatives concrètes sur une dizaine de sujets en vue de l'élaboration, d'ici à fin 2017, d'une feuille de route commune destinée à poser les jalons d'une refondation du projet européen.
« Le Brexit doit nous amener à deux réflexions essentielles : quand l'Europe n'est qu'un marché, elle finit par être rejetée, c'est pour cela que nous devons rebâtir une Europe ambitieuse et protectrice. Surtout, cette situation inédite doit nous obliger à être plus innovants, nous devons penser une Europe à plusieurs formats, aller plus loin avec tous ceux qui souhaitent avancer, sans être entravés par les États qui désirent, et c'est leur droit, avancer moins vite ou moins loin », a déclaré le président français, Emmanuel Macron, mardi 29 août, lors de la conférence annuelle des ambassadeurs français.
Le président français a évoqué les dix éléments clés qui feront l'objet de propositions spécifiques, notamment : l'approfondissement de la zone euro, le renforcement de la convergence dans les domaines économique, social et fiscal, l'Europe de la défense, le renforcement de la politique migratoire, la mise sur pied d'une « véritable » Europe du climat et de l'énergie, la concrétisation de l'agenda numérique (avec notamment la régulation des géants de l'Internet et la protection des données).
Outre la perspective du Brexit, qui crée une opportunité pour redéfinir un projet à vingt-sept, le contexte actuel est porteur d'une responsabilité particulière. Après la génération des pères fondateurs et celles ayant géré la période d'émancipation du projet européen, nous avons fait le choix d'être « la génération qui refondera l'Europe », a indiqué M. Macron, plus tard dans la journée à Luxembourg lors d'une conférence de presse avec les Premiers ministres luxembourgeois, Xavier Bettel, et belge, Charles Michel.
Les propositions de refondation du projet européen que les dirigeants européens formuleront seront soumises à l'appréciation des citoyens européens à travers la tenue, en France et dans les autres pays volontaires, de « conventions démocratiques », conformément à une promesse faite lors de la campagne présidentielle française.
L'idée d'une Europe avançant dans la même direction, mais à des rythmes différents a été actée lors de la célébration du 60ème anniversaire des traités de Rome, fin mars à Rome (EUROPE 11754).
Mardi, à Berlin, la chancelière allemande, Angela Merkel, n'a pas écarté l'idée, promue par M. Macron lors de la campagne présidentielle, d'un ministre de l'Économie et des Finances afin de promouvoir la compétitivité économique au sein de la zone euro. Elle a aussi soutenu la mise sur pied d'un fonds spécifique destiné à soutenir les réformes structurelles dans un pays de la zone euro. (Mathieu Bion)