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Bulletin Quotidien Europe N° 11828
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INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

M. Barnier attend que Londres se positionne enfin sur les sujets prioritaires de négociation de sortie de l'UE

Le négociateur de l’UE pour le Brexit, le Français Michel Barnier, a exhorté le gouvernement britannique, mercredi 12 juillet, à clarifier ses vues sur l’ensemble des sujets couverts par l’accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, sur lesquels des progrès suffisants devront être constatés à l'automne.

Lors d’une conférence de presse, le négociateur, qui avait informé le matin le collège des commissaires européens de l’état d’avancement des négociations, a ainsi demandé à Londres de se positionner sur les questions financières et tous les autres aspects concernés par la négociation, comme le sort de la participation du Royaume-Uni à Euratom, la gouvernance du futur accord ou encore la question des biens placés sur le marché communautaire avant le Brexit. Autant de domaines sur lesquels l’UE s’est positionnée, la Commission ayant déjà publié neuf positions de négociation.

« On a besoin maintenant de savoir la position du Royaume-Uni sur toutes ces questions pour faire des progrès », a commenté le Français. Cela permettra notamment de savoir rapidement « sur quels points des accords sont possibles et sur quels points, il n’y a pas d’accord », a-t-il ajouté.

À ce jour, le gouvernement britannique n’a publié qu'une position, celle sur les droits des citoyens.

Une seconde session de négociations se tiendra lundi 17 juillet et elle sera notamment consacrée au traité Euratom et à la gouvernance du futur accord, notamment le sort des procédures judiciaires dont le Royaume-Uni fait l’objet. Un dialogue politique entre les adjoints respectifs des négociateurs aura également lieu sur la question de l’Irlande et des frontières, l’idée des Vingt-sept étant de dégager d’abord des solutions politiques avant de déterminer les solutions techniques ou technologiques.

Sur le rôle de la Cour de justice dans l’application de l’accord de retrait, le négociateur de l’UE a, par ailleurs, réaffirmé avec vigueur que la Cour de justice de l’UE devait être la « garante finale » des droits des citoyens européens touchés par le Brexit. Il a qualifié d'insuffisantes les propositions britanniques sur le statut des citoyens européens présents au Royaume-Uni après le Brexit (EUROPE 11816). « Ces propositions ne permettraient pas aux personnes concernées de continuer à vivre leur vie comme aujourd’hui », a-t-il estimé, faisant état de nombreuses différences d’ambitions entre les parties. Le document britannique ne permet aucune réciprocité, a aussi dit Michel Barnier, dans la mesure où les droits des citoyens concernés seraient soumis au droit britannique qui impose des restrictions, par exemple sur le rapprochement familial.

Sur le règlement financier, également, il est également temps que Londres se positionne. Pour Michel Barnier, l’UE n’impose pas de rançon au Royaume-Uni puisqu’il s’agit uniquement de « solder les comptes du passé » sans qu'une seule livre sterling de plus ne soit réclamée. Il est « indispensable » que le Royaume-Uni reconnaisse l’existence de ces obligations financières, a souligné l'ancien commissaire européen.

Avancer en parallèle sur les trois dossiers prioritaires pour créer la confiance

Pour le négociateur de l’UE, ces trois sujets prioritaires que sont les droits des citoyens, le règlement financier et la question irlandaise sont inséparables et constater des progrès sur seulement un ou deux sujets ne sera pas suffisant pour passer à l’autre phase, à savoir les discussions sur les futures relations entre le Royaume-Uni et l’UE. Le Conseil européen sera invité en octobre à faire le point sur ces avancées.

Michel Barnier a également réfuté le fait que l’UE mettrait la pression sur le Royaume-Uni pour le pousser à la faute. Je ne suis pas du tout dans cet état d’esprit « surtout pas sur le sujet des citoyens », qui concerne 4,5 millions de personnes. Mais le temps presse, a une nouvelle fois rappelé le négociateur de l'UE et c’est d’ailleurs ce qu’il a répondu à Boris Johnson, le ministre britannique des Affaires étrangères, pour qui l’UE peut toujours 'courir' pour sa facture de sortie ('go whistle'). « Je n’entends aucun sifflement », juste « l’horloge qui tourne », a rétorqué Michel Barnier.

Mercredi matin, le coordinateur du Parlement européen pour les négociations menant au Brexit, Guy Verhofstadt, a aussi informé la commission 'affaires constitutionnelles' de l’état d’avancement des négociations entre l’UE et Londres. Il a essentiellement rappelé aux députés la position du PE sur les droits des citoyens, jugeant lui aussi tout à fait insuffisantes les propositions du gouvernement britannique. Selon lui, ces propositions feraient des Européens résidant au Royaume-Uni des citoyens de « seconde classe ». (Solenn Paulic)

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