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Bulletin Quotidien Europe N° 11811
Sommaire Publication complète Par article 34 / 34
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 1187

*** BLANDINE LAPERCHE (sous la dir. de) : Géront’innovations. Trajectoires d’innovation dans une économie vieillissante. Presses Interuniversitaires Européennes / Peter Lang (41 av. Maurice, B-1050 Bruxelles. Tél. : (41-32) 3761717 – fax : 3761727 – Courriel : brussels@peterlang.com et order@peterlang.com – Internet : http://www.peterlang.com ). Collection « Business & Innovation », n° 13. 2016, 278 p., 42 €, 34 £, 54,95 $. ISBN 978-2-87574-337-4.

Le vieillissement de la population est un phénomène qui n’épargne aucun pays, pas même la Chine ou des pays connaissant des taux de natalité élevés comme le Mexique ou la Turquie. C’est toutefois dans le monde occidental qu’il est appelé à devenir de plus en plus spectaculaire, à commencer par le Japon dont près de 40% de la population aura plus de 65 ans en 2050. Dans l’Union européenne, la palme revient sur ce plan à l’Espagne dont les plus de 65 ans devraient représenter 36% de la population à la même date, mais ce pays est suivi de près par l’Italie, la Grèce, le Portugal et l’Allemagne, la France étant appelée à tourner alors autour des 26%. Il va de soi que cette évolution de la pyramide des âges entraînera des conséquences sinon dommageables, en tout cas fortement perturbatrices pour ce qui est de l’évolution du niveau de vie et du coût de la prise en charge des personnes âgées, pour ce qui est aussi du financement des systèmes de retraite.

Si ces conséquences ont déjà fait l’objet de beaucoup d’attention de la part des milieux scientifiques, très peu d’études ont par contre été consacrées jusqu’à présent aux retombées potentiellement positives qui pourraient découler de cette évolution des sociétés. C’est ce ‘vide’ que les auteurs de ce livre (pour la plupart membres du Réseau de Recherche sur l’Innovation) ont voulu combler en s’interrogeant sur les impacts du vieillissement de la population sur l’activité économique et sur le potentiel d’innovations que ce dernier est à même de générer. Tous étaient convaincus que, comme l’indique Blandine Laperche dans sa « présentation générale », les personnes âgées constituent un marché potentiellement important en raison de leur pouvoir d’achat et de leur nombre voué à croître, ce qui fait que « le ‘silver market’ ou le ‘graying market’ a toutes les chances de devenir un marché d’avenir, source d’opportunités d’investissement pour les entrepreneurs innovants ». Concentrées essentiellement sur la France mais avec des regards aussi portés sur le Japon et la Chine, leurs travaux – concentrés sur les caractéristiques de l’offre des entreprises en visant particulièrement à identifier les technologies potentiellement impliquées dans cette offre et les innovations qui s’y rattachent – le confirment amplement, même si les chercheurs ont également cherché à identifier les blocages et verrous susceptibles de freiner « le développement et la diffusion des géront’innovations ».

La première partie de l’ouvrage est précisément consacrée au potentiel d’innovation que représente le vieillissement de la population, l’économiste Blandine Laperche (Université du Littoral Côte d’Opale) ouvrant le feu en définissant notamment le concept de géront’innovations qui articule la gérontechnologie en tant que discipline scientifique, les technologies clés qui s’y rattachent (TIC, domotique, robotique, mais aussi les NBIC pour « nanotechnologies, biotechnologies, intelligence artificielle, sciences cognitives ») et les innovations qui en découlent. D’autres auteurs se focalisent ensuite sur les développements récents de la robotique (en particulier pour ce qui est des « robots sociaux d’assistance » qui s’adressent notamment aux personnes âgées fragiles et dépendantes), sur l’impact du vieillissement de la population sur l’innovation technologique dans les domaines de l’agroalimentaire, de la mobilité des personnes âgées et, enfin, de la filière de la « Silver Economie » qui se structure en Chine alors qu’émerge une « population chinoise qui risque de ‘devenir vieille avant de devenir riche’ ». La deuxième partie de l’ouvrage est, elle, consacrée aux perspectives, enjeux et impacts de la diffusion des « géront’innovations », notamment à la lumière de leur impact dans le domaine des services de soins aux personnes âgées et, par conséquent, des questions qui sont posées en termes de formation des aidants ou de participation des utilisateurs dans le processus d’innovation. Ici, c’est un éclairage sur le cas du Japon qui est présenté, mais c’est la France qui reste pour l’essentiel en point de mire. Ce qui ne gâche en rien l’intérêt de ce livre, tant il est conçu de telle manière qu’il pourrait aussi très utilement inspirer des chercheurs désireux de faire le point sur ces questions ailleurs dans le monde. Pierre Bouvier

*** Revue politique et parlementaire. R2P (42 rue de Bassano, F-75008 Paris. Tél. : (33-1) 76470930 – Courriel : contact@revuepolitique.fr – Internet : http://www.revuepolitique.fr ). Octobre-Décembre 2016, n° 1081, 160 p., 25 €. Abonnement annuel : 90 € (France), 120 € (étranger). ISBN 978-2-85702-198-8.

Ce numéro d'une revue qui, créée en 1894, se présente comme « la plus ancienne revue politique française » est tout entier consacré à la « révolution en marche » des seniors. Ne voyez, dans ce titre, aucune allusion au mouvement qui a conduit Emmanuel Macron à l’Elysée, mais bien une invitation à saisir l’ampleur des défis et opportunités suscités par cette évolution sociétale en France, ce dans la société, les territoires, l’économie et l’habitat. Aujourd’hui, note le directeur de la publication, Vincent Dupy, la retraite n’est plus considérée comme le début de la vieillesse, mais bien comme « le commencement d’une nouvelle vie qui peut durer vingt, trente voire même quarante ans », ce qui confirme notamment que la « Silver économie » est une réelle opportunité de croissance et d’emplois pour les années à venir. Des contributions en attestent, mais le philosophe Pierre-Henri Tavoillot observe pour sa part que si, bonne nouvelle, on vieillit de mieux en mieux, « on sait de moins en moins pourquoi – et c’est tout le problème ». Et cet enseignant à l’Université Paris-Sorbonne d’inviter les gens à « se convaincre que la véritable sagesse n’est pas tant d’apprendre à mourir (en la matière, le pire des cancres y parviendra sans aucune difficulté), mais plutôt d’apprendre à vieillir ». Ce que, ajoute-t-il, des sages du passé savaient, par exemple quand François Mauriac lâchait : « Ce n’est pas parce qu’on a un pied dans la tombe qu’il faut se laisser marcher sur l’autre ». (MT)

*** Südosteuropa Mitteilungen. Südosteuropa-Gesellschaft (49 Widenmayerstrasse, D-80538 Munich.  Tél. : (49-89) 212154-0 – fax : 2289469 – Courriel : info@sogde.org – Internet : http://www.sogde.org ). 2016, 194 p., 12 €.

Ce numéro de Südosteuropa Mitteilungen contient un important dossier consacré aux attentes, espoirs et préoccupations de la jeune génération de onze pays du sud-est de l’Europe. « Améliorer les perspectives des jeunes générations revêt une importance primordiale pour assurer la stabilité, le développement durable et les progrès dans la région », avaient indiqué le 3ème Sommet des Balkans occidentaux dans sa déclaration finale. C’est afin de vérifier que ce message a bien été entendu que de jeunes auteurs des pays concernés ont été invités à s’exprimer. Qu’attendent-ils de l’avenir dans leur pays d’origine ?  Existe-t-il des chances suffisantes qu’ils puissent obtenir une bonne éducation et éventuellement un emploi pour gagner sa vie ? Comment perçoivent-ils l’Europe et les perspectives d’un rapprochement vers l’Union européenne ? De quelle manière expriment-ils leur mécontentement face au statu quo et leur volonté de changement ? Quelles options voient-ils : le conformisme, la contestation de l’establishment ou la recherche d’une solution à l’étranger ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles sont apportées des réponses en provenance de Bulgarie, de Roumanie, d’ancienne République de Macédoine, de Slovaquie, du Kosovo, de Moldavie, de Bosnie-Herzégovine, de Serbie, de Croatie, d’Albanie et de Grèce. (PBo)

*** SOTIRIS CHTOURIS (sous la dir de) : Les jeunes dans la Grèce d'aujourd'hui. Le statut social, le travail et les réseaux sociaux dans l'ère de la génération G. Editions Epikentro (9 rue Kamvounion, GR-54621 Thessalonique. Tél. : (30-231) 0256146 – fax : 0256148 – Internet : http://www.epikentro.gr ). 2017, 330 p., 17 €. ISBN 978-960-458681-3.

Cette étude porte sur les caractéristiques sociales et culturelles du groupe des jeunes en Grèce. L'analyse conduit à une nouvelle compréhension du concept social de la jeunesse en évitant certaines propositions pour la « construction » politique de la jeunesse à travers les programmes d'emploi ou des statistiques officielles de l'État. Sous la conduite du sociologue Sotiris Chtouris, professeur à l'Université de la mer Egée et actif au sein du Réseau de la sociologie urbaine, les auteurs, tous issus du monde académique aussi, partent des rues pour découvrir la jeunesse et, plus précisément, les jeunes dans leur identité sociale et culturelle originelle, tout en cherchant également à saisir certains phénomènes sociaux contemporains qui influencent celle-ci. A la lumière notamment de situations de transition de l’école au travail, ils proposent une nouvelle approche théorique qui découle des données qu’ils ont recueillies dans leurs recherches intitulées « In 4 Youth ». Les problèmes du chômage et de la pauvreté, ainsi que les perspectives d'emploi et de bien-être, sont sans surprise les thèmes centraux du livre. L’innovation réside toutefois dans le nouveau modèle méthodologique pour la recherche qualitative que les auteurs ont mis au point en utilisant des groupes de discussion et des interviews collectives. A noter encore que le livre est ponctué par des tableaux comparatifs pour les différents groupes sociaux et par une vaste bibliographie. (AKa)

*** DESPINA PAPADOPOULOU, NIKOS KOURAHANIS : Les sans-abri et l'exclusion sociale dans la Grèce de la crise. Editions Topos (2 rue Plapouta, GR-11473 Athènes. Tél. : (30-210) 8222835 – fax : 8222684 – Courriel : info@motibo.com – Internet : http://www.toposbooks.gr ). 2017, 176 p., 13,90 €. ISBN 978-960-499-221-8.

Le livre traite des processus d'exclusion sociale qui se reflètent dans la vie des pauvres, et de la façon dont les politiques sociales tentent de gérer cette situation : des vies qui ne parviennent pas à profiter de la vie civilisée telle qu’elle a été pensée et bâtie par les fondateurs de la modernité, de la culture urbaine et, surtout, du consensus d'après-guerre. Les deux auteurs – la Pr. Despina Papadopoulou enseigne la « Sociologie de l’exclusion et le changement social » et Nikos Kourahanis la politique sociale à l'Université Panteion d’Athènes – expliquent que les vies sont rendues en apparence invisibles, alors qu’elles sont en réalité bien là, hélas trop réelles. Elles rappellent les échecs des démocraties capitalistes modernes lorsqu’il s’agit pour elles de répondre aux exigences fondamentales du contrat social qu'elles ont signé. La prolifération de ces vies pendant la crise est la face sombre des politiques d'austérité qui signent la retraite de l’Etat-providence et social. Il en résulte que les citoyens ne bénéficient plus de l'égalité des chances, ni même de l'accès aux ressources et aux perspectives de redistribution pour atténuer les inégalités sociales. Dès lors, les « vies nues » prolifèrent, et leur prolifération suggère que la « nouvelle » politique soi-disant sociale en gestation ne vise pas à préserver le plus grand résultat des républiques urbaines, la citoyenneté sociale, mais au contraire à préparer à la gestion de la survie humaine... (AKa)

*** GEORGIOS BITHIMITRIS : Le marché, la classe sociale, la société : une recherche de l’identité du mouvement syndicaliste. Editions Gutemberg (37 rue Didotou GR-10680 Athènes. Tél. : (30-210) 3642003 – fax : 3642030 – Courriel : info@dardanosnet.gr). 2017, 250 p., 12 €. ISBN 978-960-01-1790-5.

Le syndicat est-il une organisation d'intérêt public ? Sa mission principale est-elle l’éducation des classes sociales, de veiller à l’inclusion sociale, de mener des négociations ? C’est à une approche comparative du mouvement syndical que convie ce livre, son auteur s’en saisissant sur la base d’une identité triple, à savoir sujet à la fois économique, social et politique. Son objectif est ainsi d’offrir un cadre analytique interdisciplinaire permettant de mettre l'accent sur la nature à la fois complexe et dynamique de l'objet syndical. L'examen du contexte historique et les approches théoriques sont combinés avec l'étude de données notamment relatives à l'identité culturelle, avec des exemples soulignant l'importance de la culture et de la représentation du travail. Concrètement, le Pr. Bithimitris (Département des sciences sociales et politiques de l’Université Panteion d’Athènes) s’emploie à comprendre les transformations de l'identité collective de la classe ouvrière qui se sont produites durant la récente crise économique, son but étant de mettre ainsi à jour des éléments qui permettent la revitalisation du mouvement syndical. (AKa)

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