La Commission européenne a, une énième fois, mardi 16 mai à Strabourg, appelé les États membres à respecter leurs obligations en termes de relocalisations dans l'Union européenne de réfugiés présents en Grèce et en Italie.
Mais la Commission a semblé accentuer la pression en affirmant que les États n’ayant accueilli à ce jour aucun demandeur d’asile sur leur sol - notamment la Pologne, la Hongrie et même l’Autriche - se trouvaient « clairement en violation » du droit européen.
Si aucune action n’est entreprise d’ici le prochain rapport en juin, la Commission lancera même des « procédures d’infraction » contre ces pays, a assuré le commissaire à la Migration, Dimitris Avramopoulos. Il a estimé qu’il s’agissait d’une question de « crédibilité » pour l'institution européenne.
La Pologne et la Slovaquie ont entamé un recours devant la Cour de justice visant à annuler la décision européenne de procéder aux relocalisations de réfugiés, les plaidoiries s'étant d'ailleurs tenues le 10 mai.
Selon les derniers chiffres issus du 12ème rapport sur la relocalisation, le nombre de personnes relocalisées en 2017 a atteint le chiffre de relocalisations enregistré sur toute l’année 2016 avec un total à ce stade de 18 418, dont 5711 depuis l’Italie et 12 707 depuis la Grèce. Ce chiffre reste toutefois encore loin des engagements pris en 2015 et qui portaient sur l’accueil de 160 000 personnes.
Plutôt tôt devant les eurodéputés, M. Avramopoulos a expliqué que « la volonté politique » restait la principale difficulté pour venir à bout de la méfiance mutuelle. Il s’est réjoui des progrès observés mais a constaté, une fois de plus, que les États membres se situaient en deça de leurs engagements en matière de relocalisation.
Le commissaire a dit avoir eu des contacts avec le gouvernement autrichien qui lui aurait assuré que les relocalisations commenceraient depuis l’Italie, au nombre de 50 personnes en l’occurrence « Il n’y a pas de raison opérationnelle concrète pour ne pas faire de relocalisation », a-t-il affirmé devant la presse. Il a appelé, au passage, la Slovaquie et la Bulgarie à surmonter aussi leurs difficultés à accueillir des demandeurs d’asile et à ne pas les choisir en fonction de certaines préférences telles que l'appartenance religieuse.
M. Avramopoulos a également demandé aux États membres de se préoccuper en priorité de la relocalisation des mineurs non accompagnés, surtout depuis la Grèce. Et il a estimé que l’Italie elle aussi devait « accélérer d'urgence les procédures pour identifier et enregistrer, dès que possible, tous les candidats admissibles et veiller à ce que les personnes éligibles à la relocalisation arrivant en Italie soient acheminées de manière ordonnée vers des centres de relocalisation spécifiquement désignés ».
D'après la Commission, « un certain nombre d'États membres devraient augmenter leurs promesses mensuelles » : - l'Espagne, la Belgique et la Croatie vis-à-vis de l'Italie et de la Grèce ; - l'Allemagne, la Roumanie et la Slovaquie vis-à-vis de la Grèce ; - la France et Chypre vis-à-vis de l'Italie.
Le Parlement européen votera lui une résolution sur le sujet mercredi à Strasbourg. (Solenn Paulic)