Si le président américain, Donald Trump, a remis en cause plusieurs accords de libre-échange, le chargé d’affaires à la mission américaine auprès de l’UE, Adam Shub, s’est montré optimiste, mardi 21 mars, concernant la poursuite des négociations pouir un accord commercial UE/États-Unis (TTIP).
« La nouvelle administration américaine revoit le TTIP, je crois qu’il faut faire preuve d’optimisme (one has to be an optimist) », a-t-il expliqué lors d’une audition en commission des affaires étrangères du Parlement européen. Il a rappelé qu’un tel accord ne serait pas conclu « entre deux petits pays, mais entre les deux plus grosses économies, les plus novatrices, les plus riches » du monde. Selon lui, il y a un soutien continu en faveur du TTIP à Washington.
Le chargé d’affaires est aussi revenu sur la Russie. « C’est un dossier critique pour nous tous », a reconnu M. Shub, soulignant la politique agressive de Moscou ayant pour objectif d’avoir des résultats politiques et économiques dans les pays de l’Est, dans les États membres de l’UE et même au-delà. « La Russie ne donne aucun signe de changement de cap », a regretté le chargé d’affaires. « Il est indispensable, impératif (…) que les Européens et les États-Unis et l’UE restent coude à coude par rapport à la Russie. Cela vaut pour les aspects militaires, l’Ukraine, le Moyen-Orient et pour gérer plus efficacement cette espèce de guerre non linéaire hybride (désinformation, influence dans les processus électoraux) », a expliqué M. Shub. Le diplomate américain a souhaité que les Européens et les Américains restent unis en ce qui concerne les sanctions. « Il y a un soutien au-delà des clivages politiques pour ces sanctions à Washington, c’est très clair », a-t-il expliqué. Selon M. Shub, les États-Unis suivent aussi de près deux dossiers entre l’UE et la Russie : le projet de gazoduc Nord Stream 2 et l’accord avec Gazprom.
Pour tenter de rassurer les Européens, M. Shub a précisé que la politique américaine n’était pas décidée de façon unilatérale par la Maison-Blanche. « Le Congrès est très expérimenté, engagé, il joue un rôle légal, énorme, dans les échanges commerciaux et il est le gardien des investisseurs, des consommateurs et des exportateurs », a-t-il précisé.
Par ailleurs, un responsable de l’administration américaine a annoncé, mardi 21 mars, que le secrétaire d’État, Rex Tillerson, serait absent lors de la réunion ministérielle prévue les 5 et 6 avril à Bruxelles, et qu’il serait remplacé par le sous-secrétaire d'État chargé des Affaires politiques, Tom Shannon. (Camille-Cerise Gessant)