login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11750
Sommaire Publication complète Par article 24 / 33
INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

Les représentants de la société civile et les syndicats réaffirment leur foi dans la poursuite de l’intégration européenne

Les valeurs européennes, sur lesquelles s’est construite l’UE, sont actuellement menacées et il doit revenir à cette même Union de les défendre vigoureusement, ont affirmé, dans un appel aux chefs d’État ou de gouvernement des États membres, mardi 21 mars, 237 organisations de la société civile et des syndicats européens, convaincus des bienfaits de l’intégration européenne.

Cet appel, initié en vue du sommet de Rome du 25 mars par Green10, la Confédération européenne des syndicats, CONCORD, le Mouvement européen international, le Lobby européen des femmes et le Forum européen de la jeunesse, a retenti alors que le travail sur la déclaration de ce sommet est pratiquement finalisé. En effet, il ne reste plus qu’à apporter des touches « cosmétiques » à cette déclaration, ce qui ne nécessite même plus de rencontres des représentants des Vingt-sept, selon une source diplomatique.

À Rome, les chefs d'État ou de gouvernement des vingt-sept États membres devraient ainsi insister sur quatre domaines d’action, comme le stipulait déjà le document de travail de début mars (EUROPE 11743). Cet « agenda de Rome » devrait mettre l’accent sur leur volonté d’assurer une Europe sûre, une Europe prospère, une Europe sociale et une Europe plus forte dans le monde, avec comme thème horizontal l’unité - plutôt que l’intégration - d’une Union qui sera amputée d’un ses membres.

L’équilibre entre les différentes revendications des pays de l’Ouest et de l’Europe centrale et de l’Est a été obtenu avec une mention adoucie, dans cette déclaration, de l’idée d’une intégration différenciée au sein de l’Union (une ‘Europe à plusieurs vitesses’). Une telle intégration sera mentionnée, mais au prix du rappel que cela ne pourra se faire que dans le cadre juridique des Traités existants, que tous les États membres vont, malgré tout, dans la même direction et que les gouvernements et Parlements nationaux y joueront un rôle important.

Ces enjeux apparus lors du travail sur la déclaration semblent parfois éloignés des attentes exprimées au sein de la société civile. Si le constat de départ reste, à peu de chose près, similaire, c’est-à-dire que de nombreux défis doivent être relevés ensemble et nécessitent de la solidarité, les préoccupations des uns et des autres sont parfois sensiblement différentes, tout comme les regards qu’ils peuvent porter sur le principe même de l’intégration européenne et ce que doit couvrir la solidarité européenne.

Dans leur appel, les 237 organisations et syndicats veulent à la fois de la continuité et une rupture, dans un seul et même but : que l’Union assure à tous ses citoyens « un bien-être économique, social et environnemental ». La continuité devrait avoir trait à la défense des valeurs européennes, « qui représentent l’essence même de l’Europe – démocratie et participation, égalité et justice sociale, solidarité et durabilité, respect de l’État de droit et des droits de l’homme », car celles-ci « sont menacées ». La rupture devrait, elle, se faire sur le plan économique : « Nous faisons donc appel à vous, dirigeants européens, pour que vous renonciez à un modèle économique qui a accru les inégalités et pour que vous investissiez plutôt dans une économie sociale de marché qui bénéficie à tous les citoyens ».

L'un des reproches qu’ils ont exprimé est celui d’une « perte de confiance envers les institutions publiques ». C’est ce qu’a aussi relevé le président du Parlement européen, Antoni Tajani, qui a organisé, mardi à Bruxelles, un débat avec des citoyens dans le cadre du 60ème anniversaire des traités de Rome. Pour répondre à la désillusion des Européens à l’égard de l’Europe et des institutions européennes, les hommes politiques ne doivent pas s’enfermer dans les « bâtiments bruxellois », mais être au milieu des citoyens, a-t-il dit, juste avant de leur donner la parole. (Jan Kordys)

Sommaire

LES TRAITÉS DE ROME ONT 60 ANS
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
BRÈVES
CORRIGENDUM