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Bulletin Quotidien Europe N° 11748
POLITIQUES SECTORIELLES / Espace

Les États membres s’orientent vers un renforcement du volet ‘sécurité et défense’ dans le domaine spatial

Dans la dernière version provisoire des conclusions du Conseil de l’UE sur la stratégie spatiale pour l’Europe, consultée par EUROPE vendredi 17 mars, les États membres mettent en avant la nécessité de développer le volet ‘sécurité et défense’, notamment en lien avec le contrôle des frontières et la surveillance maritime.

Ainsi, dans le texte, dont la première mouture avait été déjà détaillée par EUROPE en février (EUROPE 11724), les États membres soulignent la nécessité de réfléchir à des services supplémentaires en vue de répondre aux besoins émergents dans des priorités spécifiques. Ils prennent note des nouveaux domaines identifiés par la Commission européenne, mais – nouveauté de la version – explicitent sans ambages deux domaines : - le suivi du changement climatique, notamment dans la surveillance du CO2 et des gaz à effet de serre ; - la sécurité et la défense afin d’améliorer les capacités de l’Union à répondre aux défis changeants liés au contrôle des frontières et à la surveillance maritime avec les programmes phares européens que sont Copernicus et Galileo/Egnos.

La Commission semble, de son côté, anticiper cette nouvelle demande des États membres - comme l’a rapporté EUROPE dernièrement pour le programme Copernicus (EUROPE 11741) ou Galileo (EUROPE 11655), - qui s’étaient, jusqu’à une période récente, montrés réticents à tout « glissement » de la politique spatiale du civil vers des usages liés à la sûreté. Ce changement de position s'explique notamment par la crise migratoire qui ébranle l’Union européenne depuis plusieurs années.

Les lanceurs européens explicitement mentionnés. Autre nouveauté : les États membres invitent la Commission européenne, en tant que « premier client institutionnel » (‘prime institutional customer’), à mettre en place un mécanisme agrégeant la demande des clients institutionnels de l’Union européenne, afin de garantir un service de lancement européen compétitif, indépendant et fiable. Surtout, le document mentionne noir sur blanc pour la première fois le recours aux lanceurs Ariane et Vega, et leurs futures évolutions - une modification qui saura contenter Arianespace, qui appelle depuis longtemps à la mise en place d'une « préférence européenne ».

Prochain cadre financier pluriannuel. Par ailleurs, les États membres mentionnent pour la première fois - de manière très accessoire, cependant -  le prochain cadre financier pluriannuel. Ils invitent la Commission à fournir une feuille de route détaillée de la mise en œuvre de la stratégie, sans préjuger des discussions à venir sur le prochain cadre financier pluriannuel. La Commission européenne nourrit l’espoir de renforcer le budget européen dans le domaine spatial lors de la prochaine période.

Le prochain groupe de travail sur l'espace se tiendra le lundi 20 mars prochain. Les conclusions  devraient être adoptées lors du Conseil 'Compétitivité' dédié à l'espace, mardi 30 mai.  (Pascal Hansens)

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