Le directeur des opérations de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) en Cisjordanie, Scott Anderson, a rappelé jeudi 16 mars à EUROPE, à quel point les réfugiés palestiniens en Cisjordanie se sentaient oubliés par la communauté internationale.
Plus de 774000 Palestiniens sont réfugiés en Cisjordanie, c'est-à-dire des Palestiniens déplacés par la guerre de 1948 et leurs descendants. 238 000 d'entre eux vivent dans un camp.
Les réfugiés palestiniens « ne font pas confiance à leurs dirigeants, à la communauté internationale ; ils se sentent un peu oubliés », a déclaré M. Anderson. Soulignant la difficulté de la vie dans les 19 camps, notamment en raison du taux de chômage qui s'élève à 22%, il a évoqué l'absence d'« espoir » des réfugiés. « Si vous vous asseyez et discutez avec eux, ce qui est au cœur (de leurs préoccupations) est un désespoir envers le futur », a-t-il expliqué.
En plus du taux de chômage élevé, en 2016 le nombre de démolitions enregistrées est le plus important depuis que l’UNRWA les recense, en 2009 : 329 structures appartenant à des réfugiés ont été démolies (sur un total de 1094 structures). « Cela a un impact sur la vie des gens d’une manière tout à fait dramatique ; certains ne s’en remettront jamais », selon le directeur.
L’activité de l’UNRWA pour aider ces réfugiés palestiniens en Cisjordanie est donc importante : 50 000 enfants sont scolarisés dans 96 écoles tenues par l’office en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, 42 centres médicaux prennent en charge 5000 patients par jour, 36 000 personnes bénéficient de l’aide alimentaire essentielle ('core food'). Pour mener à bien ces missions, l’UNRWA emploie 4 800 personnes. « Travailler en Cisjordanie est compliqué, c’est très politisé », a précisé M. Anderson.
« L’UNRWA n’est pas impliqué politiquement, il fournit des services jusqu’à ce qu’il y ait un accord de paix, c’est la première chose que nous voulons. Jusqu’à ce que cela se produise, nous allons demander à l’UE et aux autres donateurs de continuer de financer l’UNRWA, pas d’une manière extravagante mais pour atteindre les besoins de base des réfugiés palestiniens », a souligné le directeur.
Cet appel est plus que jamais d’actualité : il manque à l’Office en Cisjordanie et à Gaza 25 millions d’euros pour 2017, soit trois à quatre mois d’activités. Selon le directeur, la communauté internationale reconnaît l’importance que l’UNRWA a en termes de stabilité, au sein d'une région elle-même instable.
Et si jamais l’UNRWA devait cesser ses activités par manque de moyens « ce serait, je suppose, le chaos en Cisjordanie », a expliqué M. Anderson, rappelant l’importance de l’aide alimentaire et du soutien indirect qu'apporte l'UNRWA aux employés locaux et à leurs familles. (Camille-Cerise Gessant)