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Bulletin Quotidien Europe N° 11744
ACTION EXTÉRIEURE / Turquie

L’UE demande à Ankara d'éviter les déclarations excessives

L’Union européenne a appelé, lundi 13 mars, la Turquie à éviter toutes déclarations excessives, dans sa passe d’armes avec plusieurs États membres, dont les Pays-Bas, ce week-end, qui ont refusé la venue de ministres turcs sur leur territoire pour participer à des meetings de soutien au président Recep Tayyip Erdogan, en amont d’un référendum pour changer la Constitution turque. M. Erdogan a qualifié ces décisions de « pratiques nazies » et menacé de « faire payer le prix » aux autorités néerlandaises pour leur attitude. 

« L’UE appelle la Turquie à se retenir de déclarations excessives et d’actions qui risquent d’exacerber encore la situation », ont souligné la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn dans un communiqué commun. Selon eux, « les questions préoccupantes ne peuvent être résolues que par des canaux de communication ouverts et directs ». « Il est essentiel d’éviter une escalade supplémentaire et de trouver des moyens d’apaiser la situation », ont-ils ajouté. Mme Mogherini et M. Hahn ont rappelé que les décisions concernant la tenue de réunions dans les États membres dépendaient de ces États, « conformément aux dispositions applicables des droits nationaux et du droit international ».

Durant le week-end, Mme Mogherini, tout comme le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le vice-président, Frans Timmermans, se sont entretenus avec les autorités turques et néerlandaises, selon le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas.

Dans leur communiqué conjoint, la Haute Représentante et le commissaire ont aussi abordé la question de fond du projet de révision constitutionnelle, précisant avoir pris « bonne note » de l'avis de la Commission de Venise sur les amendements adoptés par la Grande Assemblée nationale turque le 21 janvier 2017 et soumis à référendum (voir autre nouvelle). « Les commentaires de la Commission de Venise sur les amendements constitutionnels proposés soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à la concentration excessive des pouvoirs dans un même bureau, avec des conséquences graves sur les contrôles nécessaires et sur l'indépendance du pouvoir judiciaire », ont estimé Mme Mogherini et M. Hahn, précisant qu’il était également préoccupant que ce processus de changement constitutionnel ait lieu sous l'état d'urgence. « Nous encourageons la Turquie à poursuivre et approfondir sa coopération étroite avec le Conseil de l'Europe et ses organes et à répondre à leurs préoccupations et recommandations », ont-ils ajouté. La Haute Représentante et le commissaire ont prévenu que les amendements, s’ils étaient approuvés lors du référendum du 16 avril, « et notamment leur mise en œuvre pratique », seraient évalués à la lumière des obligations de la Turquie en tant que pays candidat à l'UE et membre du Conseil de l'Europe. (Camille-Cerise Gessant)

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