La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a annoncé, vendredi 10 mars, qu’elle se rendrait dans les prochains jours aux États-Unis.
« Je serai de nouveau à Washington pour ma deuxième visite en un mois la semaine prochaine, pour d'autres réunions et pour notre travail commun sur la coalition antiterroriste et anti-Daech dont nous faisons partie », a-t-elle expliqué lors d’une discussion à la AmCham EU Transatlantic Conference à Bruxelles.
Interrogée par EDD, la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Maja Kocijancic, a confirmé que Mme Mogherini « sera à Washington la semaine prochaine, où elle aura des réunions bilatérales avec l'administration ainsi qu'au Congrès ». La Haute Représentante prononcera un discours d’ouverture lors de la conférence de Carnegie intitulée 'International Nuclear Policy', le 20 mars, et elle participera, le 22 mars, à la réunion de la coalition anti-organisation État islamique.
Lors de son discours, Mme Mogherini est revenue sur les relations transatlantiques, appelant les Américains à ne pas mettre en doute l’importance de l’UE et l’unité des Européens. Selon elle, le défi le « plus pressant » pour l’UE est le manque de confiance en soi de l’identité européenne. « Si votre meilleur ami, les Américains, met en question la valeur d’être européen, et d’être uni, cela n’aide pas à sortir de la crise identitaire », a-t-elle ajouté, tout en précisant que les États-Unis reconnaissaient la valeur ajoutée de l'UE et de la coopération transatlantique. Selon la Haute Représentante, l’UE va avoir 60 ans, mais elle agit comme si elle en avait 16. Mme Mogherini a comparé l’UE à une très jolie adolescente pour qui tout est moche, tout va mal et qui pense qu’elle n’y arrivera jamais. « Si votre grand frère vous dit ‘bien sûr tu es moche’ cela n’aide pas », a-t-elle expliqué.
« Il serait mieux de ne pas jouer avec un message dangereux et qui divise parce que l’on risque de ruiner quelque chose de bien, de nécessaire, de vital, sans même réaliser ce que l’on fait », a ajouté la Haute Représentante, estimant que l’UE était « le projet le plus réussi dans l’histoire ». « Et les États-Unis risquent de perdre, s'ils mettent en cause la valeur de l’UE, l’unité de l’Union. Ils risquent de perdre 70 ans d’investissement. Ne détruisez pas ce que vous avez contribué à construire », a-t-elle conclu. (Camille-Cerise Gessant)