Un atelier consacré à l'indépendance énergétique, la sécurité et la diversification d'approvisionnement en gaz de l'UE, organisé par la commission 'industrie, recherche et énergie' du Parlement européen, lundi 6 février, a mis en exergue une amélioration de la situation en Europe, grâce à la construction de nouvelles infrastructures gazières, notamment en matière de GNL.
« La situation s'améliore, y compris dans les régions les plus vulnérables », a souligné le directeur général du réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport de gaz (ENTSO-G), Jan Ingwersen. « Il y a des zones où il faut renforcer les infrastructures, mais, dans l'ensemble, on avance bien », a-t-il assuré, précisant que la plupart des investissements se concentrent en Europe centrale et orientale et qu'à l'avenir, il y aurait moins d'investissement en Europe occidentale.
Le réseau d'infrastructures gazières est « particulièrement robuste » et les terminaux GNL et les capacités de stockage sont « pleinement utilisés, » a ajouté M. Ingwersen, soulignant les efforts de l'ENTSO-G pour élaborer des codes de réseau afin d'assurer des flux transfrontaliers sans anicroche.
« Il faut encore faire progresser les choses en mettant pleinement en œuvre les dispositions du 3ème paquet (pour la libéralisation du marché intérieur de l'énergie, NDLR) », a insisté Katja Yafimava, chercheuse à l'Oxford Institute for Energy Studies.
Le député luxembourgeois Claude Turmes (Verts/ALE) a salué les flux inversés de gaz comme « l'un des meilleurs investissements européens », se félicitant aussi de la mise en place d'un terminal méthanier en Lituanie qui permet de briser le monopole du gaz russe dans les pays baltes.
Le vice-président du conseil des régulateurs européens de l'énergie (CEER) et président de l'autorité de régulation croate, Tomislav Jurekovic, a souligné que le GNL était une source importante en termes de diversification de l'approvisionnement et a appelé à garantir le plus d'informations et le plus de transparence possible sur le marché. M. Jurekovic a plaidé pour une action visant à résorber les lacunes réglementaires concernant les terminaux de GNL.
« Nous devons croire au marché intérieur », a insisté Mme Coby Van der Linde, directrice du Clingendael International Energy Program, estimant qu' « on avait tendance à tout mettre sur le dos de la géopolitique ». « Jusqu'à 2023-2024, le marché européen du gaz sera bien fourni, il n'y a pas de problème d'approvisionnement. La question qui se pose, c'est la sécurité d'approvisionnement au-delà. On a déjà beaucoup fait pour avoir les interconnexions et les flux inversés », a-t-elle ajouté.
Répondant à une question du député chypriote Neoklis Sylikiotis (GUE/NGL) sur le rôle, pour la sécurité énergétique de l'UE, des réserves de gaz en Méditerranée orientale, notamment au large de Chypre, Mme Yafimava a admis qu'elles étaient intéressantes, soulignant toutefois que le défi était de construire l'infrastructure pour transporter ce gaz vers le continent. (Emmanuel Hagry)