Des députés du groupe S&D au Parlement européen ont regretté, lundi 23 janvier, l’adoption, durant le week-end, d’amendements constitutionnels par le Parlement turc qui donnent plus de pouvoirs au président, tel que celui de nommer le ou les vice-président(s), les ministres et douze des quinze juges de la Cour constitutionnelle. Le Parlement turc perdrait, lui, une partie de ses prérogatives. Ces modifications doivent être approuvées par référendum au printemps.
« Concentrer de plus en plus de pouvoirs entre les mains d'une institution, à savoir la présidence, tout en affaiblissant les contrôles démocratiques dans une société, affaiblira davantage l'État de droit en Turquie », s’est inquiété le vice-président du S&D, Victor Boștinaru, chargé notamment des affaires étrangères. Il a précisé que les partis d’opposition et la société civile avaient exprimé leurs inquiétudes à propos de l’adoption de ces amendements qui conduiraient à l’érosion de la séparation des pouvoirs et à l’abolition de la responsabilité parlementaire. « Cela nuit à la démocratie turque et pourrait conduire le pays à s'éloigner des valeurs de l'UE », a expliqué M. Boștinaru.
De son côté, le coordinateur S&D pour les affaires étrangères, Knut Fleckenstein, a jugé que dans le « climat de peur et de purges » dans lequel se trouve la Turquie, « il est hautement inapproprié de tenir un référendum sur de tels changements constitutionnels substantiels qui auront un impact dramatique sur la façon dont le pays sera gouverné ». (Camille-Cerise Gessant)