Le président du groupe PPE au Parlement européen, l’Allemand Manfred Weber, a invité mercredi 18 janvier, les sociaux-démocrates à souscrire à la plateforme PPE-ADLE pour réformer l’UE. Cet accord a contribué à la victoire, la veille au soir, du candidat PPE à la présidence du PE, Antonio Tajani, élu après un scrutin à quatre tours (EUROPE 11705).
M. Weber s’est livré, mercredi matin à Strasbourg, devant un groupe de journalistes, à une première analyse à chaud des résultats de l’élection remportée par Antonio Tajani.
Il a reconnu que l’accord PPE-ADLE sur une plateforme pour réformer l’UE et créer une plateforme pro-européenne n’avait pas suscité l’enthousiasme au sein du groupe CRE, mais il a invité les autres groupes politiques, surtout le groupe S&D, à contribuer aux propositions qui sont faites (lancement éventuel d’une Convention pour réformer l’UE, nouvelle gouvernance économique, réforme du système des ressources propres de l’UE…).
Il a clairement tendu la main aux socialistes pour qu’ils participent au programme, et donné pour consignes aux membres de son groupe de soutenir les candidats S&D aux postes de vice-présidents du PE (voir autre nouvelle). « C’est un signal en vue d’un nouveau partenariat », a déclaré M. Weber. Il a précisé que des votes importants allaient avoir lieu, notamment sur l’accord de libre-échange avec le Canada (CETA) ou sur les sujets 'migration' et 'lutte contre le terrorisme', « et le PPE espère que l’on pourra compter sur la partie responsable des membres du groupe S&D » sur ces différents dossiers. Le président du groupe PPE a conseillé aussi à ses pairs de garder de bons contacts avec les collègues du S&D dans les délégations et les commissions parlementaires.
La rupture idéologique n’est pas une approche correcte, selon M. Weber
M. Weber a parlé d’un résultat du scrutin « très politique », puisque M. Tajani a été élu avec le soutien des groupes CRE et ADLE, tandis que M. Pittella a pu compter sur les voix des groupes GUE/NGL et Verts/ALE pour atteindre le score très honorable de 282 voix.
M. Weber a rappelé une nouvelle fois qu’il n’a cessé, depuis septembre 2016, d’appeler le groupe S&D à respecter, durant cette législature, l’accord de la ‘grande coalition’ sur l’alternance S&D-PPE au pouvoir au sein de l'hémicycle. « Mon groupe représente beaucoup d’électeurs, tout comme le groupe S&D et mon objectif est que ces électeurs soient représentés par ceux qui dominent l’hémicycle », a justifié M. Weber.
Il a regretté que les socialistes aient rompu ce pacte « pour avoir un débat politique plus controversé, une rupture idéologique ». Or, selon M. Weber, cette manière de voir les choses « n’est pas correcte en plein milieu de la législature ». D'après lui, les citoyens ne souhaitent pas, en ce moment, des débats dignes des campagnes électorales, mais attendent des résultats au niveau européen en matière de lutte contre le terrorisme, en matière de gestion des flux migratoires ou s’agissant de la création d’emplois. Il espère que le sursaut aura lieu au PE après les élections en France et en Allemagne. (Lionel Changeur)