La libérale française Sylvie Goulard a officiellement fait part de son intention de briguer la présidence du Parlement européen au nom du groupe ADLE, vendredi 25 novembre, au lendemain de l'annonce de la démission de M. Schulz (EUROPE 11675).
« Le Parlement européen a besoin de renouveau. Ainsi, malgré la proportion importante de députées, il n’y a plus eu de femme à sa tête depuis déjà quinze ans ! En tout, deux femmes seulement ont occupé ce poste depuis l’élection au suffrage universel direct en 1979. N’est-ce pas choquant ? », déclare la députée européenne sur son site Internet. Elle refuse que le processus de sélection du successeur de M. Schulz soit le fruit d'accords opaques scellés à porte close par la 'Grande coalition' pilotée par les groupes PPE et S&D, comme c'est le cas depuis plusieurs législatures.
Avant de se mesurer en janvier prochain aux candidats des autres groupes politiques, Mme Goulard doit d'abord être désignée par sa famille politique. Pour ce faire, elle doit surmonter un obstacle de taille : écarter un prétendant tout désigné à la présidence du PE, mais pas officiellement candidat, à savoir Guy Verhoftstadt. En interne, elle disposerait de soutiens qui craignent que la personnalité de l'ancien premier ministre belge, fédéraliste convaincu, heurte la sensibilité d'une majorité de députés. Dans l'hémicycle, l'élue du Modem disposerait de soutiens provenant d'un large spectre de groupes, les groupes GUE/NGL et PPE étant notamment cités.
Le candidat de l'ADLE à la présidence du PE pourrait être désigné mardi 29 novembre par le bureau du groupe politique. C'est ce que souhaite M. Verhofstadt, alors que Mme Goulard préférerait qu'un réel débat ait lieu au sein du groupe.
Les deux seules femmes à avoir présidé le Parlement européen sont françaises : Simone Veil (1979-1982) et Nicole Fontaine (1999-2002). (Mathieu Bion)