Les gouvernements espagnol et portugais ont adopté, vendredi 14 octobre, leur projet respectif de budget pour 2017 qu'ils doivent transmettre avant mi-octobre à la Commission européenne.
L'Espagne étant encore dotée d'un gouvernement faisant fonction, le projet de budget 2017 constitue une simple prolongation du budget 2016 et ne prévoit pas de mesures spécifiques pour réduire le déficit public. Sur la base d'une prévision de croissance de 2,3% en 2017, celui-ci devrait atteindre 3,6% du PIB espagnol l'année prochaine, alors que le Conseil de l'UE a demandé en août à Madrid de réduire son déficit à 3,1% du PIB en 2017 et à 2,2% en 2018 lorsqu'il lui a accordé deux ans de plus pour réduire son déficit public excessif (EUROPE 11605).
Il reviendra au prochain gouvernement espagnol de détailler les mesures lui permettant d'effectuer l'effort budgétaire de 0,5% du PIB, soit près de 5 milliards d'euros, pour respecter les engagements pris au niveau européen. Est déjà prévue pour 2017 une hausse de l'impôt sur les sociétés. Cette mesure pourrait contribuer à convaincre la Commission européenne de ne pas geler certains fonds structurels européens destinés à l'Espagne (EUROPE 11643).
Portugal. Le gouvernement portugais devait dévoiler un projet de budget destiné à rassurer les investisseurs quant à son sérieux budgétaire, en inscrivant l'objectif d'une réduction du déficit public sous la barre des 2% du PIB après celui fixé à 2,5% pour 2016. Le Conseil de l'UE a accordé en août à Lisbonne jusqu'à fin 2016 pour en finir avec un déficit public excessif.
Selon la presse portugaise, le gouvernement de centre gauche soutenu par la gauche radicale souhaite desserrer l'étreinte limitant les salaires et les retraites des fonctionnaires et compenser une telle mesure par l'introduction de nouvelles mesures fiscales indirectes ou une taxation accrue des biens immobiliers dépassant 500 000 euros.
Comme l'Espagne, le Portugal fait l'objet d'un possible gel des fonds structurels pour n'avoir pas pris les actions suffisamment suivies d'effets pour réduire efficacement son déficit public entre 2013 et 2015. (Mathieu Bion)