Les dirigeants du G20 ont le pouvoir de contribuer à orienter les financements vers des investissements verts en faveur des populations et de la planète, a souligné le WWF, lundi 29 août, en amont de la douzième édition du G20 qui réunira à Hangzhou (Chine), les principales économies avancées et émergentes du monde, les 4 et 5 septembre, sur le thème « Vers une économie mondiale novatrice, revigorée, interconnectée et inclusive ».
Cette affirmation se double d’un appel à l’UE pour qu’elle donne l’exemple en agissant pour protéger les investisseurs contre les risques climatiques.
De l’avis du WWF, le G20 doit aider à garantir que les financements, à l’échelle mondiale, soutiennent le développement durable, valorisent le patrimoine naturel mondial et assurent la protection de l’environnement. Pour ce faire, le G20 devrait mettre en œuvre sans tarder les recommandations de son groupe d’étude sur la finance verte et, en particulier, adresser aux investisseurs des signaux forts et clairs concernant le cadre stratégique pour les investissements verts. Cette approche de la finance verte devrait aussi décourager les activités qui portent atteinte à l’environnement, souligne l’ONG. Il conviendrait aussi que le G20 élimine les subventions aux combustibles fossiles à l'horizon 2020 et garantisse l'accès universel à l'énergie propre et renouvelable..
Le WWF souhaite en outre que les dirigeants du G20 progressent dans leur réflexion sur la manière dont les marchés financiers peuvent influer sur les risques environnementaux et sociaux liés au changement climatique, à la perte de biodiversité et à la dégradation des ressources naturelles. « Les financements verts et responsables ont le pouvoir de nous propulser vers un avenir durable aux plans économique et environnemental. Les dégâts à notre planète et à notre propre bien-être causés par des investissements à courte vue ne peuvent plus être ignorés. Les coûts économiques, environnementaux et humains d’un financement à risque sont trop réels et les dirigeants du G20 doivent agir pour minimiser de tels risques dès à présent », fait observer, dans un communiqué, Marco Lambertini, directeur général du WWF International.
Pour des 'stress tests climatiques’ applicables aux actifs financiers S’agissant de l’UE, l’ONG de défense de la nature estime que la Commission européenne a été jusqu’ici réticente à agir en matière d’investissement durable en introduisant, par exemple, des « stress tests climatiques » pour les actifs financiers, alors que les investisseurs sont de plus en plus conscients que « le risque climatique est aujourd’hui le risque le plus important pesant sur leurs actifs financiers. Pourquoi la Commission ne s'attaque-t-elle pas au risque climatique ?», s'interroge Geneviève Pons, directrice du bureau européen du WWF.
L'ONG plaide pour que l’UE donne l’exemple en la matière et entraîne le G20 dans son sillage, sachant qu’il représente près de 90% du PIB mondial, 80% des échanges mondiaux et deux tiers de la population de la planète. Le G20 rassemble Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Union européenne, Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, États-Unis, Inde, Indonésie, Japon, Mexique, République de Corée, Russie, Turquie. (Aminata Niang)