Bruxelles, 27/07/2016 (Agence Europe) - La Commission européenne a estimé, mercredi 27 juillet à Bruxelles, qu'il était encore trop tôt pour évoquer et évaluer les conséquences budgétaires de la sortie du Royaume-Uni de l'UE, après un débat d'orientation sur la révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE.
Comme les propositions révisant à mi-parcours le CFP 2014-2020 devront être faites vers la fin de l'année 2016, il sera impossible, à ce moment-là, de connaître les résultats des négociations entre l'UE et le Royaume-Uni sur le 'Brexit', a expliqué devant la presse Kristalina Georgieva, la commissaire au Budget. Les propositions sur la révision à mi-parcours du CFP 2014-2020 seront axées plutôt sur la flexibilité et la simplification, a-t-elle souligné.
N'en déplaise aux eurodéputés, la révision à mi-parcours s'apparentera davantage à un toilettage qu'à un grand nettoyage de printemps. Après le premier débat d'orientation au sein du collège des commissaires européens sur la révision à mi-parcours du CFP, Mme Georgieva n'a pas évoqué, devant la presse, la possibilité de revoir à la hausse certains plafonds du CFP. Pourtant, tous les outils de flexibilité sont mobilisés pour faire face à la crise des réfugiés, et les eurodéputés ont demandé d'augmenter les plafonds des rubriques 3 (sécurité) et 4 (l'UE dans le monde) pour éviter la création de fonds en dehors du budget de l'UE et d'astuces budgétaires compliquées.
Accroître la marge de manœuvre. Mme Georgieva a reconnu que compte tenu des nouveaux défis imprévus qui ont vu le jour récemment (terrorisme, crise des réfugiés, croissance économique atone), « il y a eu une pleine unanimité au sein du collège en faveur de davantage de flexibilité au sein du budget ». L'idée serait d'accroître la marge de manœuvre du budget de l'UE, pour relever les nouveaux défis qui ne manqueront pas d'apparaître lors des dernières années du CFP. Pour cela, la Commission envisage de créer davantage de flexibilité dans les outils actuels (instruments de flexibilité, marge pour imprévus…).
Simplification. En outre, la révision à mi-parcours devra avoir pour objectif de rendre les règles plus simples pour garantir que les fonds de l'UE sont plus faciles d'accès pour les bénéficiaires. La Commission s'interroge sur: faut-il rationaliser les exigences en matière de rapports et d'audits ? Comment se concentrer davantage sur les résultats plutôt que sur les processus ? Comment réduire davantage les coûts et les procédures administratifs ? Comment utiliser de manière plus équilibrée les instruments financiers et les subventions ?
La commissaire a estimé qu'il y aura « beaucoup de choses à discuter au cours des prochains mois avec le Parlement européen et le Conseil pour pouvoir présenter des décisions claires et faisables sur la révision à mi-parcours du CFP ». Elle a répété que la Commission avait utilisé à plein la flexibilité du budget, notamment en parvenant à doubler (à 15 milliards d'euros) les fonds dédiés à la gestion de la crise des migrants et des réfugiés.
Trop tôt pour évoquer les conséquences budgétaires du 'Brexit'
La commissaire a indiqué que le collège des commissaires n'avait pas discuté de l'impact, sur le budget de l'UE, du résultat du référendum au Royaume-Uni en faveur de la sortie du pays de l'UE. « Non, nous n'en avons pas discuté. Nous devons faire les propositions sur la révision à mi-parcours d'ici à la fin de l'année 2016. Et à ce moment-là, nous ne saurons pas ce que seront les objectifs du Royaume-Uni », a déclaré Mme Georgieva. (Lionel Changeur)