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Bulletin Quotidien Europe N° 11578
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CONSEIL DE L'EUROPE / (ae) jai

L'APCE reproche à l'UE sa gestion « en mode réflexe » de la crise migratoire

Strasbourg, 22/06/2016 (Agence Europe) - Réunie cette semaine à Strasbourg pour sa session d'été, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) vient d'adresser à l'Union européenne (UE) et à ses États membres un sévère rappel à l'ordre en ce qui concerne leur gestion « non équitable » de la crise migratoire.

Au coeur des débats, le rapport défendu par la socialiste néerlandaise Tineke Strik était spécifiquement consacré aux « Réfugiés en danger en Grèce ». Ceux-ci sont aujourd'hui 46 000 à être bloqués en Grèce continentale et l'on en compte 8 500 supplémentaires dans les îles de la mer Égée.

Tous sont privés de « leur dignité humaine fondamentale » dans « un pays incapable de leur assurer un degré de protection minimal », souligne le texte, en rappelant notamment l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme qui a condamné la Belgique en 2011 pour avoir renvoyé un demandeur d'asile afghan en Grèce.

Le rapport Strik ne cloue cependant pas la Grèce au pilori. Il insiste sur le fait que ce pays - « sans doute le moins bien placé de tous les États membres de l'UE pour assumer cette responsabilité » - « se retrouve aujourd'hui coincé entre deux réalités brutales liées à la réponse d'une Europe paniquée à la crise des réfugiés et des migrants »: d'une part, la fermeture de la route des Balkans et, d'autre part, l'accord UE/Turquie.

L'UE porte dès lors « une grande part de responsabilité dans la situation actuelle », souligne une résolution adoptée par 115 voix contre 9 et 14 abstentions dans la foulée du rapport.

Les parlementaires y appellent ladite UE à « mettre en oeuvre pleinement et sans tarder les accords de septembre 2015 sur la relocalisation entre États membres depuis la Grèce » ainsi qu'à « répondre aux demandes du Bureau européen d'appui en matière d'asile concernant le détachement de personnel national à l'appui des services d'asile grecs ». Pour rappel, alors que 472 agents et 400 interprètes avaient été réclamés en mars et avril derniers, seuls 63 agents et 67 interprètes ont été déployés à ce jour « sans que l'on sache s'ils sont opérationnels dans leur nouvel environnement ».

Outre une aide financière en direction des acteurs de terrain, le texte adopté demande également le réexamen de l'accord UE/Turquie, « compte tenu des critiques du Haut Commissariat aux Réfugiés, de Médecins sans frontières et d'Amnesty International ».

Il va même jusqu'à appeler l'UE à se préparer à « l'éventualité d'un échec de l'approche actuelle » en prévoyant à l'avance « des solutions alternatives pour éviter l'état d'impréparation et de mode réflexe de gestion de crise manifeste jusqu'à présent ». (Véronique Leblanc)

 

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