Bruxelles, 22/06/2016 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et la Commission européenne ont adopté, mercredi 22 juin, un projet de stratégie quinquennale pour le renforcement des relations entre l'UE et la Chine visant à remplacer la précédente stratégie de l'UE à l'égard de la Chine, adoptée en 2006.
La communication conjointe dévoilée mercredi recense d'abord des opportunités « considérables » pour renforcer les relations sino-européennes au plan économique: cela inclut, à court terme, la conclusion d'un accord ambitieux en matière d'investissement, la contribution de la Chine au Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) et des activités conjointes en matière de recherche et d'innovation ainsi que la connexion du continent eurasien à travers un réseau physique et numérique permettant des échanges commerciaux, des investissements et des contacts entre les personnes.
À plus long terme, l'UE pourra être plus ambitieuse en envisageant la négociation d'un accord de libre-échange de nouvelle génération, mais seulement une fois que l'accord bilatéral sur l'investissement aura été conclu et que la Chine aura mis en oeuvre des réformes garantissant des règles du jeu équitables pour les entreprises nationales et les entreprises étrangères, selon ce document.
Dans cette perspective, la Chine doit procéder à des réductions significatives, inscrites dans le temps et vérifiables, de ses surcapacités industrielles, notamment dans le secteur sidérurgique, afin de prévenir les conséquences négatives d'une concurrence déloyale, souligne la communication, insistant sur l'importance pour l'UE, à cet égard, de renforcer l'efficacité de ses instruments de défense commerciale en adoptant sans tarder la proposition de modernisation de ces instruments présentée par la Commission en avril 2013.
La stratégie prévoit aussi le soutien continu de l'UE, à travers ses divers dialogues avec la Chine, au programme des réformes économiques et sociales en Chine, axées sur le marché et ayant pour objectif l'élimination des distorsions résultant de l'intervention de l'État et la réforme des entreprises publiques.
Au plan politique, la stratégie souligne les opportunités de coopération et de partenariat renforcés dans les domaines de la politique étrangère et de la sécurité. En s'appuyant sur le succès des négociations relatives au nucléaire iranien, le document prône une collaboration plus étroite entre l'UE et la Chine pour le règlement des conflits internationaux et le traitement des dossiers prioritaires en matière de politique étrangère, tant au niveau bilatéral que dans des contextes multilatéraux tels que le système onusien et le G20.
La stratégie préconise aussi une collaboration étroite pour répondre aux défis mondiaux tels que les migrations, l'aide au développement, la protection de l'environnement et du climat.
« La relation entre l'UE et la Chine restera fondée sur des principes, empreinte de réalisme et de pragmatisme, et fidèle aux intérêts et aux valeurs de l'UE, dont l'adhésion aux règles et normes internationales et le respect des droits de l'homme », précise en outre la Commission, dans un communiqué.
La communication conjointe, qui doit être à présent soumise au Conseil et au Parlement européen, est disponible à l'adresse suivante: http://goo.gl/QojJ2F . (Emmanuel Hagry)