Bruxelles, 21/06/2016 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a rendu hommage, mardi 21 juin à Athènes, aux Grecs, et « surtout (à) la partie la plus vulnérable de la population », pour les sacrifices effectués depuis que leur pays est sous perfusion financière, sacrifices qui n'ont pas altéré la volonté du peuple grec de demeurer membre à part entière de l'Union européenne et de la zone euro.
Cette visite est intervenue après qu'Athènes et ses créanciers ont finalisé la 1ère mission de suivi du 3ème plan de sauvetage grec. Cette étape a ouvert la voie au versement d'une sous-tranche de 7,5 milliards d'euros par le Mécanisme européen de stabilité (EUROPE 11575). « La Grèce a franchi un cap critique », a estimé M. Juncker, appelant les Grecs à s'approprier les réformes inscrites dans le plan de sauvetage qui, selon lui, ne constitue en rien un « diktat de Bruxelles ». Il a assuré que la Commission européenne s'était toujours tenue « aux côtés de la Grèce », notamment à l'été 2015, pour mettre un terme au « débat pernicieux » que représentait l'hypothèse d'une sortie du pays de la zone euro ('Grexit').
Le président de la Commission a demandé à Athènes de faire davantage appel aux aides européennes en vue de relancer l'économie grecque, évoquant une enveloppe de 35 milliards d'euros disponible (20 milliards € de fonds structurels et 15 milliards d'aides agricoles). Il a estimé que la Grèce pouvait aussi faire plus pour bénéficier du plan d'investissement qui porte son nom, alors qu'à ce jour, seuls deux projets grecs bénéficient d'une garantie publique du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), le bras financier du plan 'Juncker'. Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a indiqué que son pays avait soumis 42 projets représentant des investissements totaux de 5,4 milliards d'euros dans le cadre du plan européen. Il a d'ailleurs estimé que les projets provenant de pays en crise devraient être traités de manière prioritaire.
M. Tsipras a fait part de sa conviction qu'avec la finalisation de la 1ère mission de suivi du 3ème plan d'aide grec, la Grèce avait « tourné la page » des crises à répétition. La croissance sera de retour au 2ème semestre 2016, a-t-il prédit. Il a souhaité que soit concrétisé, dans les prochaines semaines, l'accord entre Athènes et ses créanciers européens sur des mesures à court terme visant l'allègement de la dette publique et que soient aussi finalisées les mesures d'allègement sur lesquelles une décision sera prise en 2018 à la fin du plan d'aide triennal (EUROPE 11557).
Soutien à la restauration des conventions collectives
Dans le cadre de la 2ème mission de suivi du programme grec, le gouvernement de gauche radicale procèdera à une réforme du marché du travail. Le Premier ministre grec a souligné sa volonté de restaurer les conventions collectives dans son pays. Convaincu que la croissance ne peut se baser sur « l'effondrement des droits sociaux », il a critiqué - sans les nommer - certains créanciers dont les positions seraient contraires à cet acquis communautaire. Pour M. Juncker, « le dialogue social doit jouer son rôle » en Grèce comme partout dans l'Union. Et d'enfoncer le clou: « Je ne suis pas ami des licenciements collectifs ». (Mathieu Bion)