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Bulletin Quotidien Europe N° 11562
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INSTITUTIONNEL / (ae) grÈce

Syriza n'envisage pas d'intégrer la mouvance sociale-démocrate, selon M. Pappas

Bruxelles, 31/05/2016 (Agence Europe)- Le ministre d'État grec Nikos Pappas a indiqué que la coalition d'extrême gauche Syriza, actuellement au pouvoir en Grèce, n'avait aucunement l'intention d'intégrer le Parti socialiste européen (PSE), mardi 31 mai à Bruxelles, devant quelques journalistes.

« Pourquoi ferions-nous cela ? », a-t-il interrogé. Selon lui, la valeur ajoutée que Syriza apporte au débat européen au sein du Parti de la gauche européenne est « bien plus importante » que celle que Syriza apporterait en étant membre du Parti socialiste européen.

Après l'été 2015, la coalition Syriza s'est scindée en deux mouvements, la frange la plus radicale ayant refusé d'approuver les termes du 3ème programme de sauvetage triennal que M. Tsipras avait auparavant négocié avec les leaders de la zone euro. Lors des élections législatives de septembre, les Grecs lui ont renouvelé leur confiance, quoiqu'à un degré moindre. Le Premier ministre grec participe désormais aux mini-sommets des leaders sociaux-démocrates précédant les Conseils européens. Cela signifie que les socialistes souhaitent inclure M. Tsipras dans leurs discussions et que M. Tsipras est aussi désireux d'apporter sa contribution, a souligné M. Pappas.

Les lignes auraient bougé en Europe. Avec l'exercice du pouvoir, Syriza serait en mesure de nourrir et d'influencer la réflexion sur l'avenir de la zone euro en cours à gauche de l'échiquier politique. La coalition de gauche radicale continue d'ailleurs de promouvoir la tenue d'une grande conférence européenne sur la dette publique européenne, même si les sociaux-démocrates n'adhèrent pas totalement à cette idée. Les socialistes doivent aussi réfléchir à l'opportunité de continuer de nouer des « grandes coalitions » avec la famille chrétienne-démocrate, d'après M. Pappas.

M. Pappas a appelé de ses vœux à tirer les leçons des deux plans de sauvetage qu'Athènes a mis en œuvre pour lancer un débat sur l'avenir de l'Europe. « Qui pourrait dire que les deux premiers plans ont été couronnés de succès ? », a-t-il indiqué, convaincu que « la magnitude de la consolidation budgétaire (a été) une erreur ». Selon le ministre, la réflexion devrait porter sur la taille du budget communautaire, des fonds structurels et la capacité des 'stabilisateurs automatiques' à amortir les retournements de conjoncture.

Sur le plan économique, la Grèce est en train de tourner la page de la crise économique avec notamment une saison touristique qui s'annonce exceptionnelle en termes d'influence, selon M. Pappas. La visibilité donnée aux mesures possibles de rééchelonnement de la dette publique a aussi vocation à insuffler de la confiance, même si des décisions formelles sur ce point ne sont attendues qu'en 2018. Si l'on avait appliqué le critère d'un service de la dette inférieur à 15% du PIB entre 2011 et 2014, Athènes aurait économisé 27 milliards d'euros, d'après les autorités grecques.

Quant au versement de la prochaine tranche financière promise par l'Eurogroupe, c'est pour bientôt (EUROPE 11557). « Nous sommes très proches », a assuré M. Pappas, faisant état de discussions le même jour avec le ministre des Finances, Euclide Tsakalotos. Seules des mesures d'exécution de la législation déjà adoptée s'avéreraient encore nécessaires pour que les ministres européens des Finances, réunis au sein du Mécanisme de stabilité européen, débloquent une 1ère tranche de 7,5 milliards d'euros. Le ministre a aussi espéré que la BCE sera rapidement en mesure d'accepter à nouveau les titres de dette grecque comme garantie aux demandes de liquidités des banques grecques. (Mathieu Bion)

 

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