Bruxelles, 23/05/2016 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont actualisé, lundi 23 mai, la stratégie sur la Syrie, l'Irak et la lutte contre Daech, qu'ils avaient adoptée le 16 mars 2015 (EUROPE 11276), expliquant que, si cette stratégie restait valide, elle devait être adaptée aux évolutions sur le terrain.
Dans les conclusions fleuve de 11 pages qu'ils ont adoptées, les ministres soulignent que l'UE va « mobiliser toutes les ressources politique, de sécurité et de développement requises » pour que la Syrie, l'Irak, et, plus largement, la région retrouvent paix, stabilité et sécurité.
Sur l'Irak, les ministres annoncent que l'UE et les États membres vont fournir davantage de soutien technique au gouvernement fédéral pour améliorer la sécurité et l'État de droit, la lutte contre la corruption, la prestation de services aux citoyens et la pour faire en sorte que les responsables d'abus répondent de leurs actes. L'UE et les 28 vont aussi « explorer un soutien supplémentaire pour le processus de stabilisation ». Les ministres attendent donc avec intérêt les options que le SEAE présentera sous peu pour un engagement accru dans le soutien pour stabiliser le pays à long terme, « en particulier dans les domaines de l'État de droit et du secteur de la sécurité, en tenant compte de tous les instruments disponibles ». « Ce soutien sera essentiel à la consolidation des gains militaires obtenus par rapport à Daech », ajoutent-ils. L'UE va également explorer des moyens supplémentaires pour aider le gouvernement fédéral et le gouvernement régional du Kurdistan à retrouver leur santé économique et financière.
À propos de la Syrie, les ministres saluent le résultat de la réunion du groupe international de soutien à la Syrie (ISSG) du 17 mai (EUROPE 11552). L'UE va renforcer son travail collectif pour augmenter son soutien à l'Envoyé spécial de l'ONU pour faciliter les négociations intra-syriennes, renforcer son soutien à l'opposition syrienne, soutenir les efforts de l'ISSG sur la cessation des activités et renforcer sa contribution au travail humanitaire de l'ISSG et, plus généralement, son aide à la population, pousser les principaux acteurs régionaux à oeuvrer pour la pleine application de la feuille de route des Nations unies ou encore intensifier les préparatifs pour un engagement précoce dans l'effort de rétablissement et de réhabilitation en Syrie, annoncent les ministres.
Les chefs de la diplomatie rappellent aussi la volonté de l'UE et des États membres de renforcer leur contribution dans les efforts de la coalition mondiale pour contrer Daech. L'UE est « engagée à éviter que Daech et ses affiliés étendent leur influence dans les pays tiers » et déterminée à priver l'organisation État islamique de son sanctuaire et de ses sources de financement et d'approvisionnement « en renforçant ses propres outils pour lutter contre le terrorisme international », ajoutent les ministres. Ainsi « l'UE est déterminée à mettre en oeuvre des sanctions de l'ONU et autonomes de l'UE ciblant Daech et ses affiliés » et à accélérer la mise en oeuvre de son plan d'action sur la lutte contre le financement du terrorisme, en particulier le gel des avoirs des terroristes, la lutte contre le blanchiment d'argent et le commerce illicite de pétrole et de biens culturels. L'UE va aussi approfondir sa coopération en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme avec les pays de la région MENA, la Turquie, les Balkans occidentaux et les organisations régionales et internationales, expliquent les ministres. (Camille-Cerise Gessant)