Bruxelles, 23/05/2016 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro tenteront de finaliser, mardi 24 mai, la 1ère mission de suivi du 3ème plan d'aide à la Grèce après que le Parlement grec a entériné, dimanche, toutes les mesures préalables requises (EUROPE 11554).
« Une étape clé a été franchie vers la conclusion de la 1ère étape du programme grec », a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, lundi 23 mai à Paris. Il a souhaité un accord définitif entre Athènes et ses créanciers lors de l'Eurogroupe, ce mardi.
Dimanche soir, le parlement grec a adopté les mesures préalables requises pour boucler la 1ère mission de suivi du plan de sauvetage grâce à la courte majorité dont dispose la coalition gouvernementale grecque menée par Syriza. Ont été approuvées de nouvelles mesures fiscales (TVA augmentée à 24% pour certains biens, création d'une taxe de résidence pour le secteur de l'hôtellerie), la création d'une Autorité indépendante des revenus publics, la mise sur pied d'un fonds de privatisation d'actifs publics et de valorisation du patrimoine foncier grec ainsi qu'une stratégie pour le traitement des créances bancaires douteuses. Les députés grecs ont également entériné le mécanisme automatique de coupes budgétaires (hors secteur de la défense et certaines dépenses sociales) qui sera activé uniquement si la trajectoire budgétaire grecque dévie de l'objectif menant à un excédant primaire (hors service de la dette) de 3,5% du PIB en 2018. Les 'institutions' (Commission européenne, BCE, FMI) transmettront aux ministres leur appréciation de la conformité de ces mesures avec le programme d'ajustement économique agréé en août 2015.
Sur la dette, les discussions ministérielles porteront principalement sur l'ampleur et le calendrier de l'allègement de la dette publique dont bénéficiera Athènes. D'abord programmées à une date postérieure à la fin de la 1ère mission de suivi, elles ont été finalement anticipées en vue d'aider le gouvernement grec à faire accepter un nouveau tour de vis budgétaire et de ne pas accabler un pays confronté à une crise humanitaire liée à un afflux sans précédent de réfugiés provenant de Turquie. Sur la base de la déclaration de l'Eurogroupe du 9 mai (EUROPE 11447), les ministres tenteront de détailler quels types de mesures sont envisageables immédiatement, à l'horizon 2018 et à plus long terme. « L'objectif est d'avoir quelque chose d'un peu plus précis (que la déclaration du 9 mai) avec un calendrier », a indiqué lundi 23 mai une source européenne.
Sont évoqués des rachats de titres grecs à taux plus faible, une période de grâce plus longue, un allongement des maturités et une diminution des taux. Il faudra réconcilier les intérêts de la Grèce et du FMI, qui prône des mesures ambitieuses pour participer et contribuer au plan d'aide, et les intérêts de pays comme l'Allemagne, peu enclins à un excès de générosité qui heurterait l'opinion publique nationale.
La finalisation de la 1ère mission de suivi ouvrira la voie au versement d'une nouvelle tranche d'aide financière qui permettra à l'État d'honorer ses engagements d'ici à la fin de la 2ème mission de suivi prévue pour l'automne. Selon un rapport de la Commission européenne qui sera soumis à l'appréciation de l'Eurogroupe mardi, le montant de la tranche d'aide pourrait atteindre 11 milliards d'euros dont 7,2 milliards pour le service de la dette grecque et 3,8 milliards pour résorber une partie du stock d'arriérés de paiement de l'État, a révélé Bloomberg lundi. Une source européenne évoquait plutôt une fourche entre 5,5 milliards et 7 milliards d'euros. (Mathieu Bion)