Bruxelles, 23/05/2016 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE ont approuvé, lors de leur réunion à Bruxelles, lundi 23 mai, la proposition de proroger d'un an le mandat de l'opération navale en Méditerranée EUNAVFOR Med Sophia et de lui assigner deux nouvelles tâches.
Soulignant dans leurs conclusions « la nécessité de renforcer la capacité de l'opération EUNAVFOR Med Sophia pour perturber le modèle d'affaires des passeurs et les réseaux de trafic, et contribuer à la sécurité plus large en soutien des autorités libyennes légitimes », les ministres ont donné leur accord pour assigner à l'opération deux nouvelles tâches.
« Tout en conservant l'accent sur son mandat de base », l'opération aura ainsi pour mission aussi de renforcer les capacités de la marine et des garde-côtes libyens, en les formant et en partageant avec eux les informations sur les activités suspectes en Méditerranée centrale. Il s'agit là d'une réponse à une demande qui a été formulée par les autorités libyennes.
La Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a affirmé, dimanche 22 mai, avoir reçu la demande du Premier ministre libyen pour un « soutien rapide de l'UE afin de contribuer à la formation de la marine et des garde-côtes libyens, ainsi que des services de sécurité ». Interrogée sur les modalités de la formation, Mme Mogherini a précisé que, s'il fallait attendre encore le plan opérationnel, il serait possible de le faire « en haute mer », même si « cela n'excluait pas d'autres options ».
Les ministres ont aussi appuyé l'idée que l'opération contribue à la mise en oeuvre de l'embargo sur les armes imposé par les Nations Unies en haute mer au large des côtes de la Libye, sur la base d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité. Le travail sur cette résolution est en cours à New York.
Le travail préparatoire, « y compris sur la planification », doit se « poursuivre sans délai », ont insisté les ministres. C'est sur la base de ce travail que le Conseil va adopter la décision juridique d'étendre et de modifier le mandat de l'opération. Selon Mme Mogherini, le plan opérationnel pourrait être adopté « dans les prochains jours ». Les ministres devront ensuite adopter une décision légale pour que les nouvelles tâches puissent être réalisées par l'opération.
Dans leurs conclusions, les ministres ont souligné aussi l'importance de poursuivre la coordination avec les partenaires internationaux, en particulier les Nations Unies et l'OTAN. Vendredi 20 mai, Mme Mogherini avait affirmé que l'OTAN pourrait soutenir l'UE en Méditerranée centrale, notamment en matière de renseignement, de surveillance, des capacités de reconnaissance, mais aussi en ce qui concerne les systèmes de communication et de logistique (voir notre bulletin Europe Diplomatie & Défense daté 21 mai, EDD 891). (Camille-Cerise Gessant)