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Bulletin Quotidien Europe N° 11548
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) grÈce

Un relatif changement de ton du PE au sujet du plan d'aide à Athènes

Strasbourg, 10/05/2016 (Agence Europe) - Moins d'un an après un échange assez vif entre les députés européens et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras (EUROPE 11354), l'atmosphère semble avoir bien changé dans l'hémicycle, comme en témoigne un débat avec la Commission européenne sur le 3ème plan d'aide à la Grèce, mardi 10 mai.

« Je reconnais que le gouvernement grec est prêt à réaliser les réformes désormais », a déclaré l'Allemand Manfred Weber, chef du groupe PPE au PE, qui s'exprimait le premier. L'allié d'Alexis Tsipras, le député grec Dimitris Papadimoulis (GUE/NGL), a toutefois noté que l'intervention de M. Weber contenait plusieurs charges contre le Premier ministre grec. « La Grèce honorera les engagements pris », a assuré le Grec.

En juillet 2015, pour le groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt s'était dit « furieux » car le gouvernement grec parlait de réformes dont personne ne voyait la couleur. Moins d'un an après, s'appuyant sur une étude qu'il présentera à Bruxelles le lendemain de l'Eurogroupe du 24 mai, M. Verhofstadt a estimé que les Européens faisaient fausse route. « Les protocoles d'accord (accompagnant l'aide financière internationale, NDLR) n'ont rien changé du tout », a-t-il déclaré. Son allié français, Jean Arthuis, a estimé qu'il était cynique d'accorder à un pays des prêts qui lui servent à rembourser de la dette antérieure arrivée à échéance. Le Belge Philippe Lamberts, co-président du groupe des Verts/ALE, a, quant à lui, noté que les États qui insistent pour avoir le FMI à bord « s'obstinent à ne pas écouter » l'institution de Washington, notamment lorsqu'elle dit que l'austérité « est contreproductive ».

Malgré l'austérité, la dette publique grecque est passée de « 125% en 2010 à 200% en 2016 », a noté Notis Marias (CRE, grec). « Pourtant le FMI et les autres continuent à faire comme si de rien n'était et imposent des mesures supplémentaires », a-t-il constaté.

Pour le PPE, la Française Françoise Grossetête a reconnu les efforts du peuple grec « sans en voir les bénéfices directs », mais a ajouté que, sans la solidarité européenne, la Grèce « aurait plongé dans une crise encore plus grave ». Elle a également rappelé que la croissance était repartie en Grèce en 2014 (sous le gouvernement Samaras, PPE). « C'est dommage qu'on ait perdu du temps », a-t-elle répondu à un élu grec qui l'interrogeait.

Quant aux mesures contingentes que le gouvernement grec doit accepter de mettre en place au cas où il sortirait de sa trajectoire budgétaire, le chef du groupe S&D, l'Italien Gianni Pittella, y a vu une « punition préventive ». Son allié et compatriote Roberto Gualtieri, qui préside la commission économique du PE, a espéré que ces mesures contingentes se fonderaient sur des propositions grecques. « La Commission est d'avis que les mesures déjà prises seront suffisantes, mais ce n'est pas l'avis d'autres partenaires, nous avons convenu dès lors qu'il était utile qu'un mécanisme existe pour rassurer les partenaires quant à la crédibilité des engagements pris », a expliqué Pierre Moscovici, le commissaire aux Affaires économiques et financières. (Elodie Lamer)

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