Bruxelles, 27/04/2016 (Agence Europe) - L'OCDE a comparé, mercredi 27 avril, les conséquences permanentes d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE ('Brexit') à une taxe sur les ménages, car elle imposerait un coût persistant et en hausse sur l'économie.
« Au lieu de financer les services publics, cette taxe serait une pure perte économique », a commenté le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, en présentant ses conclusions à la London School of Economics.
Un Brexit minerait directement la confiance et provoquerait de l'incertitude qui aurait un impact à la baisse sur le PIB de 3% d'ici 2020, selon les projections de l'OCDE. Selon le scénario du pire, un Brexit coûterait 5 000 livres sterling par ménage d'ici 2030 et 3 200 selon le scénario de base.
Le Royaume-Uni souffrirait non seulement de la perte de l'accès au marché unique, mais verrait de nouvelles barrières se dresser avec certains pays tiers auxquels le pays a un accès préférentiel du fait de sa présence dans l'UE, et cela « même si le Royaume-Uni parvenait à négocier un nouvel accord commercial avec l'Europe ». Un tel accord constituerait une compensation partielle pour le commerce britannique d'ici 2023, mais les coûts d'accès au marché unique resteraient toujours plus élevés qu'ils ne le sont aujourd'hui.
Parmi les autres conséquences à court terme, l'OCDE cite la fuite de capitaux et une appréciation plus importante d'autres monnaies par rapport à la livre sterling. Un Royaume-Uni affaibli après le Brexit réduirait les incitants à la migration économique. Les migrants ont contribué en moyenne à l'accroissement du PIB à hauteur de 0,7% depuis 2005, soit près de la moitié de la croissance du PIB.
L'OCDE estime également que les transferts nets vers le budget de l'UE sont relativement faibles (0,3 à 0,4% du PIB par an dans les années à venir). Mais l'économie de ces transferts serait plus que contrebalancée par l'impact d'une croissance plus faible sur la position budgétaire. L'OCDE estime que, d'ici 2019, le déficit budgétaire serait plus élevé de 0,9 point de pourcentage de PIB. (Elodie Lamer)