Bruxelles, 27/04/2016 (Agence Europe) - Les aspects de sécurité liés aux voitures connectées et autonomes et ceux liés à la responsabilité en cas d'accident ont été les deux grandes sources de préoccupation exprimées par les députés du Parlement européen de la commission des transports, mardi 26 avril, lors d'un échange de vues avec des experts sur l'impact sociétal de ces véhicules à l'avenir.
Plusieurs eurodéputés ont, en effet, fait part de leurs préoccupations quant à la sécurité réelle des véhicules autonomes. Certains se sont en effet inquiétés de la fiabilité des ordinateurs de bord, à l'instar de Peter Lundgren (ELDD, suédois), qui a fait un parallèle avec les 'plantages' des ordinateurs. D'autres, comme Ismail Ertug (S&D, allemand), ont mentionné les cyber-attaques. À ce sujet, certains parlementaires ont soulevé la question de la protection des données privées.
« Les voitures autonomes ne seront jamais sûres à 100% », a reconnu Stephan Neugebauer, président d'ERTRAC, le comité consultatif pour la recherche dans le domaine du transport routier, venu dresser un état des lieux de ce nouveau secteur du point de vue des industriels. Mais, à ses yeux, elles le seront toujours bien plus que les conducteurs humains, à l'origine de 90% des accidents actuels. Toutes les industries, a-t-il ainsi rappelé, travaillent sur un même modèle: la voiture contrôlera l'intégralité du système en permanence et, en cas de défaillance ou irrégularité détectées, demandera au conducteur de reprendre le contrôle du véhicule. Toutefois, Mme Robert Frisoni, qui a rédigé pour le Parlement européen une étude sur l'avenir des voitures autonomes, a indiqué, pour sa part, que l'Europe devait absolument se doter d'un système d'homologation pour les voitures autonomes afin d'assurer un cadre de sécurité optimal, rejoignant la position du Conseil européen pour la sécurité des transports (EUROPE 11540).
Sur la question des données, M. Neugebauer a expliqué qu'il fallait se garder de parler d'un seul type de données, mais de plusieurs types, à savoir: - les données de sécurité, qui nécessitent un échange immédiat avec l'environnement, rappelant que l'industrie automobile dispose déjà de systèmes d'échanges opérationnels ; - les données privées, qui pourront être échangées, mais sous forme anonyme; - des données qui nécessiteront l'accord du conducteur pour pouvoir être échangées.
Corollaire des enjeux liés à la sécurité, les parlementaires ont soulevé la question de la responsabilité en cas d'accident. Ici, les experts sont tombés d'accord pour dire que la question n'était pas aussi délicate qu'elle paraissait, prophétisant un glissement d'un modèle actuel caractérisé par une responsabilité civile centrée sur le conducteur vers un modèle où la responsabilité sera plutôt centrée sur le constructeur ou les fournisseurs de services. À l'avenir, il sera de moins en moins nécessaire de déterminer l'origine de l'erreur humaine, mais celle de la défaillance technique, selon eux.
La sécurité technique et les échanges de données font partie des priorités de la Déclaration d'Amsterdam pour les voitures connectées et autonomes, adoptée lors d'un Conseil informel Transports plus tôt dans le mois (EUROPE 11532 et 11533). Les ministres se sont ainsi mis d'accord pour développer des certifications et des modèles pour prévenir de potentielles cyber-attaques et, sur les enjeux soulevés par les données, ils ont appelé à une clarification entre les données publiques et privées et des conditions d'utilisation des données générées dans le respect des législations actuelles. (Pascal Hansens)