Bruxelles, 27/04/2016 (Agence Europe) - Une politique intégrée sur l'Arctique offrant un cadre plus cohérent à l'action et aux programmes de financement de l'UE en rassemblant les aspects environnementaux, maritimes, scientifiques et technologiques, c'est ce qu'a proposé la Commission européenne, mercredi 27 avril, dans une communication adoptée par le collège des commissaires.
Ce faisant, la Commission répond à la demande que lui avaient faite le Parlement européen et le Conseil de l'UE en 2014.
Cette politique intégrée est appelée à guider les actions de l'UE dans les années à venir pour relever trois défis: - lutter contre le changement climatique et préserver l'environnement ; - promouvoir le développement durable de la région arctique et de ses peuples autochtones ; - soutenir la coopération internationale sur toutes les questions ayant trait à cette région qui englobe l'océan Arctique et les huit États arctiques (Canada, Danemark, Finlande, Islande, Norvège, États-Unis, Russie, Suède).
La communication énonce trente-neuf actions qui s'articulent autour de ces trois piliers, pour une montée en puissance de l'engagement de l'UE envers une région d'importance stratégique, au potentiel énorme très convoité dans la course des grandes puissances à l'exploitation des ressources naturelles (minerais, pétrole, gaz, ressources halieutiques), et exposée à un réchauffement climatique plus rapide qu'escompté.
« La sûreté, la viabilité et la prospérité de l'Arctique ne sont pas seulement dans l'intérêt de ses 4 millions d'habitants, et de quelques États membres de l'UE, c'est une priorité pour l'UE et le monde entier. Cette région revêt, pour nous tous, une importance cruciale à la fois sur le plan environnemental, social et économique », a déclaré la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, devant la presse.
L'environnement, l'énergie, les transports et la pêche sont parmi les nombreux intérêts de l'UE dans l'Arctique. Saluant un « bel exemple de coopération régionale constructive », Mme Mogherini a ajouté: « C'est dans l'intérêt de l'UE que cette coopération soit maintenue, voire accrue. Car l'Arctique joue aussi un rôle essentiel dans la sécurité régionale et mondiale. Nous travaillerons avec tous les pays qui ont des territoires dans l'Arctique mais aussi tous les pays qui ont des intérêts, comme la Chine».
Les États-Unis président actuellement le Conseil de l'Arctique (2015-2017) dans lequel l'UE est impliquée en qualité d'observateur ad hoc. C'est la Finlande qui reprendra le flambeau de la présidence l'an prochain. Federica Mogherini a formulé l'espoir que cet État membre oeuvrera à l'obtention par l'UE du statut « plein et permanent » auquel elle aspire (EUROPE 10846).
Coopération internationale. L'UE continuera à jouer un rôle actif dans toutes les instances internationales liées à l'Arctique (Conseil de l'Arctique, Conseil euro-arctique de la mer de Barents).
La région arctique est soumise à un grand nombre de menaces externes et se réchauffe plus vite que le reste du monde avec, à la clé, l'accélération de la fonte du permafrost et l'élévation des niveaux des mers, la modification des itinéraires des poissons, de la faune arctique et des systèmes marins, a souligné Karmenu Vella, commissaire européen à l'Environnement, aux Affaires maritimes et à la Pêche. Il rencontrera, ce jeudi, les ministres de la Pêche islandais, finlandais et norvégien. « La recherche sera un outil essentiel pour connaître les causes et l'impact de ce qui est en train de se jouer », a déclaré M. Vella en indiquant qu'au-delà des 200 millions d'euros engagés par l'UE dans la recherche sur l'Arctique depuis 2002, « 40 millions de plus seront engagés pour faciliter la coopération scientifique et le partage des données en temps réel ». Si, pour l'heure, « il n'y a pas de forage dans la zone européenne car les tentatives ne sont pas rentables, il faut voir comment cela va évoluer. La viabilité des forages et de tout autre activité économique est capitale », a-t-il dit.
Climat et protection de l'environnement. Parmi les actions proposées figurent notamment: - l'engagement de l'UE à contribuer à la mise en oeuvre l'Accord de Paris sur le climat et à oeuvrer avec les États arctique et leurs populations, ainsi que dans les instances internationales, à l'élaboration d'un programme ambitieux d'adaptation au changement climatique ; - l'allocation de quelque 20 millions d'euros à la recherche sur l'Arctique, dans le cadre du programme Horizon 2020 ; - la mise au point, par 22 institutions européennes de recherche sur l'Arctique, d'un programme européen de recherche polaire intégré dans le cadre de l'initiative EU-PolarNET ; - le soutien de l'UE à l'accès transnational aux infrastructures de recherche dans l'Arctique (stations et bateaux de recherche, observations par satellite) et à l'accès libre aux ressources de données ; - le soutien du programme spatial de Copernicus à la recherche internationale sur le changement climatique dans l'Arctique.
Développement durable. Pour combler le manque d'investissements dans la partie européenne de l'Arctique, la Commission améliorera la coordination entre les programmes de financement pertinents pour soutenir l'innovation et le développement d'infrastructures, recensera les priorités en matière d'investissement et de recherche et contribuera au renforcement des capacités des parties prenantes pour que le soutien financier accordé à la région soit exploité au mieux. Des programmes spatiaux européens et des projets de recherche ciblés de l'UE contribueront à la sécurité maritime dans la région, moyennant la surveillance et le suivi du trafic des navires et des déplacements de la banquise par Copernicus, et la fourniture de service de navigation satellite par Galileo. (Aminata Niang)