Bruxelles, 27/04/2016 (Agence Europe) - L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) va réévaluer l'impact sur le système immunitaire du bisphénol A (BPA), ce composé chimique potentiellement toxique pour le foie, les reins et la glande mammaire chez l'être humain et pour la glande mammaire des animaux.
À l'origine de ce nouveau rebondissement annoncé mardi 26 avril par l'EFSA: un rapport publié par l'Institut national néerlandais pour la Santé publique et l'Environnement qui analyse deux études décrivant les effets pré- et périnataux du BPA sur le système immunitaire (études Menard S. et al. 2014) prouvant que le BPA est un perturbateur endocrinien.
Ce rapport préconise de soutenir la recherche sur des solutions alternatives au BPA et conseille aux consommateurs de réduire leur exposition au BPA via l'alimentation ou d'autres sources.
L'alimentation contribue à 84% à l'exposition de la population au BPA (les boîtes de conserve représentant 50% des sources alimentaires), mais la population est également exposée au BPA par inhalation via l'air ambiant et par voie cutanée au contact des produits de consommation.
Les deux études scientifiques ('Perinatal exposure to a low dose of bisphenol A impaired systemic cellular immune response and predisposes young rats to intestinal parasitic infection' ; 'Food intolerance at adulthood after perinatal exposure to endocrine disruptor Bisphenol A' ) n'étaient pas disponibles lorsque l'EFSA avait procédé à la réévaluation complète de l'exposition au BPA et de la toxicité de ce composé chimique, précise l'EFSA dans un communiqué
À la demande du ministère néerlandais de la Santé, l'EFSA a accepté d'examiner ce rapport et de réexaminer la toxicité du BPA pour le système immunitaire à la lumière de ces nouvelles preuves scientifiques. Son groupe scientifique sur les matériaux en contact avec les aliments, les enzymes, les arômes et les auxiliaires technologiques (groupe CEF) devrait publier une déclaration dans les prochains mois, mais l'avis scientifique définitif de l'EFSA ne sera pas rendu avant 2018. L'EFSA procède en outre à l'établissement d'un groupe international d'experts.
En janvier 2015, l'EFSA avait affirmé, dans un avis scientifique consolidé, qu'aux niveaux d'expositions actuels, le BPA ne présentait pas de risque pour la santé des consommateurs de tous les groupes d'âge, y compris les enfants à naître, les nourrissons et les adolescents, étant donné que l'exposition des consommateurs au BPA par voie alimentaire ou via une combinaison de sources diverses (alimentation, poussière, cosmétiques et papier thermique) était considérablement inférieure au niveau de la dose journalière tolérable (DJT) (EUROPE 11235).
L'EFSA précise qu'elle a, depuis lors, mis au point un « protocole scientifique » pour une recherche documentaire structurée et un examen transparent de tous les éléments scientifiques nouveaux qui ne figuraient pas dans son évaluation précédente. Une procédure de passation de marché public est en cours pour la collecte et l'extraction de données sur la toxicologie du BPA à partir des études scientifiques publiées depuis 2012. Au début de 2017, l'EFSA organisera une consultation publique sur ce protocole. « Toutes les parties prenantes pourront s'exprimer sur l'approche planifiée par l'EFSA avant le début de ses travaux. L'avis scientifique final devrait être achevé en 2018 », indique l'Autorité européenne. (Aminata Niang)