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Bulletin Quotidien Europe N° 11522
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) sÉcuritÉ nuclÉaire

La menace terroriste discutée au sommet de Washington

Bruxelles, 31/03/2016 (Agence Europe) - Dans le contexte d'une incessante vague d'attentats terroristes à travers la planète perpétrés par des groupes djihadistes tels que le groupe État islamique/Daech, dont celui du 22 mars à Bruxelles, et dans le sillage d'informations sur un hypothétique attentat terroriste nucléaire, le scénario catastrophe d'une attaque à la « bombe sale » radioactive devait être parmi les sujets phares discutés lors du 4ème sommet international sur la sécurité nucléaire, jeudi 31 mars et vendredi 1er avril à Washington.

Poursuivant le processus lancé en 2009 à Prague par le président américain, Barack Obama, le sommet sur la sécurité nucléaire offre un cadre international de discussions au plus haut niveau politique sur les menaces nucléaires et les actions pour renforcer la sécurité nucléaire. Le principal objectif de cette 4ème édition du sommet sur la sécurité nucléaire est d'engager les dirigeants à travailler ensemble et à renforcer leurs engagements pour la sécurisation des matières nucléaires, résumait la Commission, jeudi 31 mars.

L'UE, qui devait être représentée à Washington par le président du Conseil européen, Donald Tusk, et la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, devait mettre l'accent sur son engagement et sur ses réalisations dans le domaine de la sécurité nucléaire avec un accent particulier sur la coopération régionale et internationale.

Jeudi soir, M. Tusk était convié au dîner officiel des chefs d'État à l'invitation du président américain, Barack Obama ; Mme Mogherini devait participer à celui organisé par le secrétaire d'État américain, John Kerry, et le secrétaire d'État à l'Énergie, Ernest Moniz.

Étaient attendus à Washington une cinquantaine de dignitaires étrangers, dont le président français, François Hollande, le Premier ministre britannique, David Cameron, le président chinois, Xi Jinping, la présidente sud-coréenne, Park Geun-Hye, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, le président ukrainien, Petro Porochenko, ainsi que les Premiers ministres japonais, Shinzo Abe, et indien, Narendra Modi.

Le président russe, Vladimir Poutine, devait être le grand absent de ce sommet, auquel n'étaient pas conviés les dirigeants d'Iran et de Corée du Nord, aux programmes nucléaires controversés.

En marge du sommet vendredi, M. Tusk et Mme Mogherini devaient participer à une session de travail E-3 (Chine, États-Unis et Russie) + UE3 (Allemagne, France et Royaume-Uni) sur la supervision de la mise en oeuvre du plan d'action conjoint sur le contrôle du programme nucléaire iranien (JCPOA).

Le sommet devait débuter vendredi par une session plénière consacrée aux actions nationales pour renforcer la sécurité nucléaire. Il devait se poursuivre par un déjeuner de travail sur les actions internationales et institutionnelles pour renforcer la sécurité nucléaire et se conclure par une discussion politique sur la base de scénarios possibles de menaces nucléaires.

Le sommet de Washington s'inscrit notamment dans le contexte d'informations sur une menace d'attentat terroriste nucléaire, à la lumière de révélations faites par des médias belges et internationaux selon lesquelles la cellule terroriste islamiste responsable des attaques du 22 mars à Bruxelles avait prévu de fabriquer une « bombe sale » radioactive, à la suite d'une surveillance d'un expert nucléaire belge.

Après l'attentat de Bruxelles, le patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a estimé, dans un entretien avec l'agence de presse AFP, qu'il ne fallait « pas exclure la possibilité que des matériaux nucléaires soient employés » dans le cadre d'attaques terroristes.

Dans les colonnes du quotidien belge La Libre Belgique, le 26 mars, le coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, estimait, pour sa part, qu'il ne serait pas étonné « qu'il y ait des tentatives » de cyber-attaque « pour commettre des attentats avant cinq ans ».

Le sommet sur la sûreté nucléaire ne sera pas exclusivement consacré au risque terroriste, mais des pays de la coalition militaire internationale anti-jihadiste se réuniront en marge du sommet, rapportait l'AFP mercredi 30 mars. Comme le confiait le Pentagone le 29 mars, les États-Unis s'inquiètent que des armes de destruction massive puissent tomber dans les mains d'organisations terroristes dont certaines ambitionnent depuis des années d'acquérir des matériaux nucléaires, soulignait-elle.

La plupart des experts doutent qu'un groupe terroriste puisse un jour se doter d'une arme atomique, mais beaucoup craignent qu'il s'empare d'uranium ou de plutonium pour tenter d'assembler une « bombe sale » dont la diffusion de radioactivité aurait de terribles conséquences, ajoutait l'AFP.

D'après l'AIEA, près de 2 800 incidents relatifs à des trafics, des possessions illégales ou des pertes de matériaux nucléaires ont été répertoriés dans le monde ces 20 dernières années. (Emmanuel Hagry)

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