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Bulletin Quotidien Europe N° 11518
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) transports

Le groupe d'experts sur la sûreté aérienne se réunira le 31 mars

Bruxelles, 23/03/2016 (Agence Europe) - L'AVSEC, le groupe d'experts en comitologie qui s'occupe des questions liées à sûreté aérienne, devrait se réunir jeudi 31 mars, suite au double attentat qui a frappé la Belgique et, notamment, l'aéroport de Bruxelles-National, le 22 mars, selon une source européenne.

Le jour même des attentats, plusieurs sources européennes avaient fait mention de la réunion prochaine du groupe en vue de réfléchir à de possibles aménagements pour couvrir les 'softs areas', ces zones qui font l'objet de contrôles non systématiques, tels que le hall d'entrée de l'aéroport de Bruxelles (EUROPE 11517).

L'on peut toutefois anticiper dès à présent la portée des recommandations. Ainsi, selon le vice-président de la Commission européenne responsable de la Migration, Dimitris Avramopoulos, interrogé le 23 mars sur les réponses à apporter en matière de sécurité aéroportuaire, il faut éviter de réagir dans la panique et répondre de « manière proportionnée » tout en respectant le partage des champs de compétences entre l'échelon européen et national.

Des propos dans la ligne de la position adoptée par la Commission au lendemain des attaques avortées du Thalys, en août 2015, qui avait également appelé à des mesures dans le respect de la « proportionnalité » et de la « subsidiarité » (EUROPE 11407 et EUROPE 11387).

Les aéroports sont sur le qui-vive

Les déclarations du vice-président ne peuvent qu'apaiser les aéroports, qui, le jour même des attentats, ont mis en garde face aux surcoûts qu'entraîneraient de nouvelles mesures de sécurité aéroportuaires étendues aux 'soft areas', avec, par exemple, la mise en place de contrôles aux entrées des aéroports.

L'ACI-Europe, l'organisation qui représente les aéroports européens à Bruxelles, indique en effet que les coûts engendrés par les mesures de sécurité représentaient en 2014 plus de 16 % du budget aéroportuaire total, contre 5 à 8% avant les attaques du 11 septembre 2001. Or, selon l'organisation, « l'Europe est la seule région dans le monde où la sécurité aérienne ne reçoit pas, ou très peu, d'aides d'État », à l'exception de l'Allemagne.

« Nous avons régulièrement demandé pour que les États soient responsables pour le financement de la sécurité des aéroports, à l'image de ce qui advient aux États-Unis, où la 'Transport Security Administration' est entièrement financée par le 'Department of Homeland Security' », explique Robert O'Meara, responsable de la communication de l'ACI-Europe. « Si de nouvelles mesures devaient être introduites et si les aéroports devaient les prendre en charge, (…)les coûts opérationnels liés à la sécurité pourraient augmenter et les aéroports devraient ajuster leurs modèles économiques en conséquence », poursuit-il, faisant allusion aux taxes aéroportuaires, pomme de discorde entre les aéroports et les compagnies aériennes (EUROPE 11411).

Pour lui, il ne faut pas se concentrer sur la sécurité aéroportuaire, mais adopter une approche plus holistique en renforçant la coopération entre les agences de renseignement nationales. (Pascal Hansens)

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