Bruxelles, 22/03/2016 (Agence Europe) - À la suite du double attentat qui a ébranlé la Belgique mardi 22 mars, la Commission européenne pourrait convoquer prochainement une réunion d'un groupe d'experts sur la sûreté de l'aviation civile, indique une source.
La Commission dispose en effet de l'AVSEC, un groupe d'experts dédié à la sûreté aérienne (à ne pas confondre avec la sécurité aérienne, qui est liée aux aspects machines), qui pourrait être convoqué sous peu, selon une source européenne, afin de faire le point sur ces attentats.
Une autre source rappelle que l'Union européenne dispose d'un arsenal réglementaire déjà très consistant en matière de sûreté aérienne avec le règlement 300/2008 relatif à l'instauration de règles communes dans le domaine de la sûreté de l'aviation civile. Le règlement prévoit ainsi une série de mesures telles que le contrôle de sécurité des passagers, des bagages, des contrôles d'accès, etc.
Cependant, note la même source, le règlement ne couvre pas les 'soft areas', c'est-à-dire les zones sous contrôle souple, à l'instar du hall de départ de l'aéroport de Bruxelles visé par les terroristes ce mardi matin. La Commission pourrait dès lors se pencher sur la question prochainement. De nombreux pays ont déjà installé des dispositifs de contrôle à l'entrée des bâtiments aéroportuaires, comme, par exemple, la Russie, dont l'aéroport Moscou-Domodedovo avait été la cible d'un attentat similaire en 2011. En Amérique du Sud, la Colombie, ou au Proche-Orient, Israël, auraient mis en place des contrôles aéroportuaires similaires.
Une perspective qui ne semble pas plaire aux aéroports européens. « La possible adoption de mesures de sécurité supplémentaires, telles que contrôler les personnes et les biens entrant dans l'espace aéroportuaire, pourrait être un facteur perturbateur et, en fait, générer de nouvelles failles sécuritaires. En déplaçant le regroupement des passagers et des visiteurs aéroportuaires vers des espaces qui n'ont pas été pensés pour, de telles mesures auraient pour effet essentiellement de déplacer les cibles plutôt que de les sécuriser », avertit ACI-EUROPE par anticipation.
En ce qui concerne l'explosion qui a soufflé la rame de métro près de la station Maelbeek, à Bruxelles, la Commission n'a pas compétence concernant les transports urbains de masse, qui restent dans le giron national, continue la même personne. La Commission n'a la faculté de faire des propositions que pour les questions relatives aux transports ferroviaires internationaux. À ce titre, à la suite des attentats du Thalys avortés d'août 2015 (EUROPE 11373), l'institution avait convoqué une réunion du LANDSEC, le groupe d'experts en matière de sûreté. Mais les propositions avancées avaient été très mesurées (EUROPE 11407), le rail restant un pré carré jalousement gardé par les États membres.
« Mais il est encore trop tôt pour dire ce que la Commission fera et ne fera pas », ajoute une source européenne, qui pourrait imaginer la formulation d'une série de recommandations aux États membres par l'institution. « Le tout, c'est d'observer le principe de proportionnalité » fait-elle observer.
Pour l'heure, la cellule de coordination de l'aviation européenne en cas de crise ('European Aviation Crisis Coordination Cell' - EACCC), établie par la Commission européenne et Eurocontrol, l'organisme qui gère le trafic aérien, s'est réunie dans la matinée, à la suite de quoi l'aéroport de Bruxelles a été fermé, initialement jusqu'à midi, mais avec une vraisemblable extension jusqu'au lendemain. Tous les vols ont été annulés. 50 vols ont été déviés vers d'autres aéroports belges. « Le droit des passagers ne devrait pas être appliqué, étant donné qu'il s'agit d'un cas exceptionnel », indique-t-on du côté des institutions. (Pascal Hansens)