Bruxelles, 22/03/2016 (Agence Europe) - Le ministre des Affaires étrangères palestinien, Riad Al-Malki, a appelé, mardi 22 mars, les Européens à passer aux actes pour qu'Israël arrête son « occupation » de la Palestine.
« Israël n'entend pas les paroles, il faut passer aux actes, ainsi Israël pourra se rendre compte qu'il ne peut pas bénéficier de l'occupation », a-t-il expliqué, lors d'une audition à la commission des affaires étrangères du Parlement européen. « Certaines parties affirment que, si l'Europe étiquette les produits des colonies, elle boycotte indirectement Israël. Nous vous incitons à ne pas tomber dans ce discours. Nous n'appelons pas au boycott d'Israël, mais des colonies, illégales, qui (…) sapent une solution à deux États », a-t-il ajouté.
Le ministre a souligné le besoin d'une action « multilatérale » pour pouvoir « sauver » la solution à deux États. « Nous avons besoin de l'engagement de la communauté internationale », a-t-il expliqué. Pour lui, « la protection internationale est nécessaire plus que tout. On ne peut se permettre que cette situation perdure, cela risque de se transformer en un chaos que plus personne ne pourra contrôler ».
M. Al-Malki a ainsi salué l'initiative française. « Depuis mars 2014 (et l'initiative ratée du secrétaire d'État américain, John Kerry), rien ne s'est passé. La France a eu le courage de faire un pas en avant », a-t-il précisé, expliquant travailler étroitement avec les Français sur l'idée d'organiser une conférence internationale pour la paix. « C'est la seule initiative en vue, si elle échoue, que va-t-il se passer ? », s'est-il interrogé.
Le ministre des Affaires étrangères palestinien a également souhaité que l'UE joue un rôle dans le processus de paix, estimant qu'Israël, lui, était contre une participation de l'UE. « Nous avons toujours demandé qu'un rôle soit joué par les Européens, que l'UE ne soit pas seulement un bailleur de fonds, mais qu'elle soit également un acteur », a-t-il précisé. Selon lui, le Proche-Orient est « aux portes de l'Europe ». « On a besoin de l'Europe, il faut qu'elle soit toujours impliquée », a insisté le ministre. (Camille-Cerise Gessant)