Bruxelles, 16/03/2016 (Agence Europe) - De décembre 2015 à janvier 2016, le Comité économique et social européen (CESE) s'est lancé dans onze missions exploratrices dans les pays les plus touchés par la crise des réfugiés. Il a publié, mercredi 16 mars, un rapport comprenant seize messages clés à adresser aux décideurs européens.
Afin d'identifier les problèmes et les besoins des pays les plus fragilisés par les vagues migratoires, les délégations du CESE ont visité, pendant deux mois, l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, Malte, la Pologne, la Slovénie, la Suède et la Turquie bien que le rapport sur ce pays tiers clé ne soit pas encore disponible. Ils y ont rencontré 200 organisations non gouvernementales.
Selon le président du CESE, Georges Dassis, la plus-value de ce rapport réside dans le fait que « les solutions proposées proviennent directement de l'observation du terrain » et constituent de « vraies pistes pour orienter les politiques ». Le vice-président du CESE, Gonçalo Lobo Xavier, a ajouté que les organisations non gouvernementales avaient été écoutées, le rapport du Comité ayant vocation à « relayer leur point de vue ».
Parmi les seize messages clés, un point ressort plus que d'autres: l'intégration. M. Lobo Xavier a insisté sur le fait qu'« investir aujourd'hui dans l'intégration portera ses fruits dans le long terme ». Par intégration, le CESE entend: l'apprentissage des langues, la reconnaissance des diplômes, un système de protection sociale, des salaires décents, etc..
Pour Anne Demelenne, membre du groupe des travailleurs du CESE, les craintes de l'opinion publique liées aux coûts financiers de l'accueil des réfugiés sont compréhensibles mais de nombreuses études ont prouvé que « dans un premier temps les réfugiés représentent un coût, mais par la suite, ces coûts se transforment en quelque chose d'avantageux pour tous: augmentation des recettes fiscales, faire face au problème de démographie ». Au final, réussir l'intégration représente « une vraie opportunité pour l'Europe de relever de nouveaux défis », a-t-elle considéré.
Le président du CESE a, par contre, mis en avant un problème sérieux de coordination au niveau européen dans la résorption du problème de la crise des migrants. « Les procédures existent mais elles ne sont pas correctement mises en oeuvre, elles doivent être améliorées », a souligné M. Dassis. (Maëlle Didion, stag)