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Bulletin Quotidien Europe N° 11500
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CONSEIL DE L'EUROPE / (ae) droits de l'homme

La société civile dénonce un « tsunami répressif »

Strasbourg, 26/02/2016 (Agence Europe)- Réunis ces 25 et 26 février autour de Nils Muiznieks, commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, les représentants de plusieurs organisations internationales ont dressé un bilan alarmant de la situation des défenseurs des droits de l'homme.

« Nous assistons à un tsunami répressif sans précédent depuis la chute du mur de Berlin », a ainsi déclaré Antoine Bernard, directeur général du 'Mouvement mondial des droits humains'. Selon lui, trois « types d'offensive » ont actuellement le vent en poupe: le développement de lois nationales qui visent à restreindre l'action des défenseurs des droits de l'homme, en entravant le financement de leur organisation ou en les désignant comme « agents de l'étranger » ; l'instrumentalisation des médias pour faire des défenseurs des droits de l'homme des traîtres à leur pays ; l'impunité quasi systématique pour ceux qui les prennent pour cible.

« Depuis ma prise de fonction, il y a quatre ans, la situation s'est dégradée de façon radicale dans toute l'Europe », a souligné, pour sa part, M. Muiznieks, citant, entre autres, l'Azerbaïdjan, la Fédération de Russie, la Crimée, les pays de l'ex-Yougoslavie ou encore la Turquie, où « tout protecteur des droits des Kurdes risque d'être appelé 'terroriste' ». Cette liste est non exhaustive puisqu'on peut y ajouter encore « les pressions graves » constatées dans des États membres de l'Union européenne, tels que la France, l'Italie ou la Belgique.

Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l'homme, a pointé, lui, « une tendance répressive des États à s'opposer de manière de plus en plus sophistiquée aux défenseurs des droits de l'homme ». Rentrant d'une mission en Hongrie, il s'est alarmé de voir passer des lois empêchant des ONG d'accéder au financement de leurs activités, une situation qui est d'autant plus inquiétante, selon lui, qu'il s'agit là d'un État membre de l'UE.

Les femmes défenseurs de l'environnement sont encore plus visées par la répression, ont souligné plusieurs intervenants. La situation est similaire pour les militants qui défendent la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) ou bien encore ceux qui s'attachent aux questions environnementales, en particulier si des entreprises internationales sont mises en cause.

La situation est plus alarmante en Amérique latine et sur le continent africain, ont soutenu José de Jesus Orozco Henriquez, rapporteur de la commission interaméricaine des droits de l'homme, et Naia Lawson, représentante de la commission africaine des droits de l'homme et des peuples. Par ailleurs, il apparaît désormais que le fait de travailler en collaboration avec des institutions internationales ne protège plus les défenseurs des droits de l'homme. Au contraire, ce parrainage en fait des cibles privilégiées…

Quant aux causes de ce « tsunami répressif », la plupart des intervenants ont mis en avant le climat délétère engendré par la crise économique, la crainte suscitée par le terrorisme et les inquiétudes soulevées par le phénomène migratoire. Les conséquences sont dévastatrices, ont-ils souligné, car « si on ne préserve pas les droits de l'homme, une génération entière perdra ses repères ». Et c'est ce qui est déjà en train de se passer « dans tous les coins du monde », y compris sur le sol européen. (Véronique Leblanc)

 

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