Bruxelles, 26/02/2016 (Agence Europe) - Le Premier vice- président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a estimé, jeudi 25 février, sur la chaîne française France 3, que la situation migratoire actuelle montrait « la faillite de l'Europe, mais aussi du monde entier » qui ne savent pas mettre fin à la guerre en Syrie. « Il faut arrêter la guerre », mais aussi « trouver des moyens légaux pour faire venir les gens en Europe », a dit le responsable européen alors que, dans la journée, les ministres européens de l'Intérieur avaient échoué à s'accorder sur la mise en oeuvre d'une réponse commune (EUROPE 11499).
Face à des États membres qui ont eu recours, pour un certain nombre d'entre eux, aux contrôles aux frontières intérieures (la Belgique étant le dernier exemple en ce qui concerne sa frontière avec la France), le commissaire européen a jugé que ce n'était pas forcément « la fin de Schengen, mais il faut faire attention » car, tôt ou tard, les populations européennes ne croiront plus « à une solution européenne et les États membres chercheront des solutions nationales qui ne fonctionneront pas », a mis en garde le Néerlandais.
Selon M. Timmermans, il y a cependant un vrai risque que l'Europe « se fracasse », a-t-il estimé. « L'Europe peut se fracasser ». Si « un terme est mis à Schengen », cela aura « un effet énorme sur le marché intérieur et l'économie ». Il « faut vraiment chercher des solutions en commun » et arrêter cette « course vers le bas », en matière d'ouverture et d'accueil des migrants, et « harmoniser les politiques d'asile, sinon on aura cette course vers le bas », les États membres cherchant aujourd'hui à être les plus « stricts possible », a-t-il expliqué.
Le Premier vice-président devait rencontrer ce vendredi 26 février le Premier ministre français, Manuel Valls, et le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, pour aborder la crise migratoire ainsi que la possible crise humanitaire qui menace la Grèce.
Vendredi, la Commission européenne a rappelé qu'elle mettait actuellement tout en oeuvre pour éviter que ne se développe une crise humanitaire en Grèce, alors que des milliers de migrants y restent bloqués et que les flux migratoires restent élevés (l'OIM a parlé vendredi de plus de 120 000 arrivées depuis le début de 2016). La Commission prépare actuellement un instrument d'aide humanitaire pour la Grèce, mais il prendra du temps, car il doit être adopté aussi par le Parlement européen, a dit la Commission.
Donald Tusk dans les Balkans
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé de son côté, le 26 février, qu'il se rendrait dans les Balkans occidentaux du 1er au 3 mars pour évaluer la situation. Il se rendra à Vienne, Ljubljana, Zagreb, Skopje et Athènes pour préparer, entre autres, le Sommet du 7 mars avec la Turquie, mais aussi le Conseil européen des 17 et 18 mars. M. Tusk rencontrera aussi le secrétaire général de l'Otan et le directeur de Frontex le 4 mars à Bruxelles. (Solenn Paulic)