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Bulletin Quotidien Europe N° 11496
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) États-unis

TTIP, nouvelles assurances de la Commission

Bruxelles, 22/02/2016 (Agence Europe) - Préservation de normes élevées, protection de l'agriculture et transparence accrue: les commissaires européens Cecilia Malmström (Commerce) et Pierre Moscovici (Affaires économiques) se sont évertués, à la veille du 12ème round des négociations de libre-échange entre l'UE et les États-Unis (TTIP), cette semaine à Bruxelles, à donner de nouvelles assurances que l'économie européenne ne serait pas bradée sur l'autel du libre-échange transatlantique.

« Il n'y aura pas de traité transatlantique défavorable à l'agriculture européenne et française », a ainsi assuré M. Moscovici, sur la chaîne de télévision française France 5, dimanche 21 février. « Il est hors de question d'accepter un traité dans lequel les normes sanitaires soient atteintes, les marchés publics soient déséquilibrés, l'emploi soit menacé ou l'agriculture soit mise en danger », a-t-il ajouté. Selon lui, l'Europe a, au contraire, « plus à gagner » du TTIP que les États-Unis, « le marché américain [étant] plus fermé que le marché européen ». Mais « l'UE n'acceptera un tel traité que s'il a été bien négocié, c'est-à-dire s'il est équilibré, notamment sur le plan agricole », a-t-il insisté.

En visite à Paris auprès du secrétaire d'État français au Commerce, Mathias Fekl, vendredi 19 février, Mme Malmström a, de son côté, assuré que l'UE faisait « le maximum » pour garantir la transparence des négociations TTIP. « Presque toutes les propositions de l'UE sont publiées sur Internet ; donc, tout le monde peut les lire », a-t-elle insisté lors d'un point presse, expliquant toutefois que les autres documents, notamment ceux soumis par les États-Unis, ne pouvaient pas être rendus publics. Mme Malmström a aussi défendu la nécessité d'une certaine forme de discrétion dans les négociations. « Quand on négocie quelque chose d'un peu sensible, on ne peut pas le faire devant les caméras », a-t-elle souligné.

« La transparence, c'est un peu le pêché originel de ces négociations », a regretté M. Fekl, jugeant que, désormais, les négociations ne pouvaient plus « se dérouler derrière des portes closes, comme hier ». Il y a encore quelques semaines, les parlementaires et les membres du gouvernement devaient se rendre dans des salles de lecture sécurisées des ambassades américaines pour consulter les documents en négociation, une situation jugée « inacceptable », a déploré le responsable français. « Nous avons obtenu des salles de lecture dans les États membres, qui permettent aux parlementaires nationaux d'avoir accès à ces documents. C'est un progrès important, mais ça ne règle pas tous les problèmes », a-t-il estimé, appelant à « aller plus loin ».

Quant aux normes européennes, Mme Malmström a réaffirmé vendredi que le TTIP n'entraînerait pas leur abaissement, jurant que l'UE était « vigilante » sur ces questions. Les normes sanitaires en matière agroalimentaire ne seront pas modifiées pour favoriser l'entrée de produits américains sur le marché européen, a assuré, pour sa part, M. Fekl, soulignant qu'il s's'agissait d'une « ligne rouge ». « Nous serons extrêmement attentifs à la question de la qualité alimentaire », a-t-il insisté, réitérant son opposition à l'entrée sur le marché français de poulets lavés au chlore. « Notre but, c'est de défendre les terroirs français », a-t-il promis.

Action de Greenpeace. Dénonçant l'opacité des négociations TTIP, les risques d'abaissement des normes et le nouveau système de protection des investissements promu par l'UE, une trentaine d'activistes de l'ONG environnementalistes Greenpeace ont mené une action à l'ouverture du 12ème round de négociations TTIP, lundi à Bruxelles, en empêchant, enchaînés aux portes du bâtiment hôte de la réunion, les négociateurs d'entamer leurs travaux, jusqu'à ce qu'ils soient délogés par la police belge. (Emmanuel Hagry)

 

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